Sinistre moyenne. 15 Octobre

Partager

Un nouveau féminicide, c'est à dire un nouveau crime dont une femme est victime, c'est à dire un nouvel acte de violence meurtrière sur une femme, comment le dire encore plus précisément, une femme tuée par son conjoint, tuée par strangulation, coups de marteau, de couteaux.... Et pour toute comptabilité j'entends parler d'une moyenne: tous les trois jours environ une femme est tuée parce qu'elle est femme. L'usage de ce paravent qu'est la moyenne occulte des réalités communes et différentes. Les pourcentages eux aussi sont froids mais dans quatre vingt pour cent c'est dans un couple, c'est en famille parfois devant les enfants qui sont eux mêmes victimes aussi souvent...bref les statistiques fournies par le ministère de l'intérieur sont froides. Le malheur est expédié en termes de calculs de moyenne. C'est effrayant comme banalité.

Les moyennes permettent de dire vite fait un résultat concernant la consommation de vin, de frites ou de burgers, cela autorise des approximations globales qui frappent légèrement les esprits sans atteindre les consciences.

Les violences dont sont victimes les femmes en France ne baissent pas, au contraire. Les urgences rappelées après chaque meurtre se fondent dans les moyennes, les analyses des plaintes, les lenteurs de la machine judiciaire, les erreurs aussi, qui profitent aux auteurs hommes de ces gestes criminels.

Des lois ont été votées, des décrets ont été signés, des changements ont été faits dans les commissariats pour que chaque femme qui vient déposer plainte soit entendue mais "en moyenne" cela ne change rien ou presque. On cite toujours l'exemple espagnol. Dans ce pays voisin présenté souvent comme une nation 'en moyenne' de "hombres" machos les chiffres de féminicides ont été réduits. La France n'y arrive pas, les français masculins singuliers continuent à sévir violemment.

Souvent dans une salle de spectacle, un rassemblement festif ou politique il m'est arrivé de me demander où se trouvaient dans ces foules des femmes battues, violentées, menacées...Forcément selon les statistiques et les moyennes il y en avait, taiseuses, dissimulées souvent persuadées que tout va s'arranger. Nous n'avons pas collectivement appris à déceler les dangers potentiels qui visent des femmes...Tout commence en classe, dans les collèges ou lycées, tout devrait être raconté, dit en s'adressant à chacun et chacune mais jamais en moyenne, en insistant ...Tous les trois jours, quelquefois c'est plusieurs crimes par jour complète une gendarme écoutante...et à chaque fois une histoire semblable et jamais pareille.