Répression. 8 Octobre.
La pluie noire a lavé la ville. La Tour Eiffel peut bien lancer son faisceau sur les toits, tout est en ordre. Un garçon amputé de sa main gauche, un autre mâchoire brisée, une autre au repos après des convulsions, des blessés, des chiffres accablants de victimes, plus de 6000 interpellations et les misérables réponses ministérielles. Reconnaître des faits, des erreurs, montrer un minimum d'empathie et ne pas lier son sort aux membres des forces de l'ordre trop nombreux qui ont failli, cela semble impossible. Et pourtant !
Cela fait des années que les syndicats de police nettement marqués à droite voire à l'extreme droite conduisent la politique répressive au ministère de l'Interieur. Oublier le préfet Grimaud de mai 68, effacer la volonté de Pierre Joxe et de sa police de proximité. Les forces répressives ont pris le pouvoir démontrant ostensiblement devant des milliers de téléphones qu'ils ont caret blanche malgré les interdits européens ou législatifs français en matière d'armements..
Voir dans la capitale mais tout autant à Marseille, Nantes, ou dans les banlieues cette officielle doctrine sans limite de l'action policière est un désastre démocratique. Depuis plusieurs années sous les prétextes sécuritaires les plus divers mêlant terrorisme et délinquance, on a priorisé la répression sur la prévention.
Il semble ainsi que les lois votées, le Droit revendiqué comptent peu et que l'ivresse politique consistant à envoyer en prison quoi qu'il en coute est devenu une règle. La défense ministérielle absolue des actes de police est une erreur absolue car elle ne fait que générer un sentiment d'injustice où la force supplante la raison, l'écoute, le dialogue, où tout acte même prohibé prime sur toute action populaire.
Le terrorisme, la délinquance, les violences contre les femmes, la criminalité née de la drogue sont des objectifs légitimes des gendarmes et policiers. Ils le font très bien et doivent être assurés du respect commun. Mais l'usage démontré ces derniers jours, sans équivalent (sauf peut être aux US et dans quelques pays totalitaires) de la répression des manifestants lycéens est à mes yeux très inquiétant. Cela remet totalement en cause l'équilibre des pouvoirs.
Il est tard mais pas trop pour renverser cette doctrine policière où l'on trouve des policiers infiltrés devenus des manifestants, il est urgent de revenir à un maintien de l'ordre républicain dans un cadre strict, légal, sincèrement proportionné. Il en va des libertés individuelles, fondement de notre histoire française.