Stress. 7 octobre

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"Un état d'inquiétude ou de tension mentale causé par une situation difficile". L'OMS (Organisation Mondiale de la Santé) définit ainsi le stress. Le dictionnaire culturel d'Alain Rey propose ce complément : mot emprunté à l'anglais issu de distress (affliction) lui même venu de détresse...c'est une réponse de l'organisme aux facteurs d'agressions physiologiques et psychologiques. Ce mardi il y avait dans de nombreuses villes de France des facteurs de stress : manifs, déploiement de forces de policiers revêtus d'un barda militaire lourd de menaces, des bruits de sirènes, des sons d'alertes, des cris violents mélangés.

Le supplément du journal le Monde daté de ce mercredi 7 octobre évoque les gestes qui font baisser le stress, relevés par des études scientifiques mondiales. Ce sont à priori des actions assez simples et accessibles : on est loin des arnaques de coachs de bien-être et des conseils florissants sur les réseaux sociaux délivrés par des influenceuses volubiles.

Les neurosciences évoquent un cerveau affectif qui module le système nerveux. Les approches proposées par les scientifiques peuvent se résumer en six pistes : le contrôle de sa respiration, une pratique d'effort physique (la course à pied a envahi les sites urbains, le sport en salle rassemblerait 75 millions de personnes en Europe), l'écoute de la musique (il faut que celle ci soit choisie afin qu'elle puisse en agir en accélérateur du retour au calme) qui s'accompagne d'un plaisir, un contact physique rassurant (le toucher d'un coussin, la pose d'une main sur l'autre, sur le coeur, le ventre...les études sont encore naissantes) et enfin la pratique de pleine conscience c'est à dire la méditation...une liste presque simpliste !

Les pages du Monde sont pleines d'informations qui demeurent bien sûr à vérifier et à ne pas considérer comme applicables globalement. Le degré de stress appartient à chaque organisme avec ses différences. C'est l'occasion de réfléchir à haute voix ou pleine écriture sur les sociétés générant ces situations de ressenti agressif. L'immédiateté imposée par les changements technologiques bouscule tous les cerveaux. Assommés par des directives, des discours, informations, rumeurs ou images, des performances demandées au travail, des résultats dits facteurs de progrès attendus dans une entreprise, nous accumulons les agressions qui s'ajoutent alors à ce que nous percevons au quotidien tels des dangers dans la vie urbaine.

Mais le stress ne se limite pas aux gens des cités, il s'est infiltré partout via l'ouverture du net en sollicitant nos regards sur tout ce qui est anxiogène. A ces remarques incomplètes j'ajouterai que plus que jamais la culture, la lecture, l'observation de la nature, le choix de dépenser son temps de vie selon un rythme choisi est important. Cela suppose aussi une organisation de la société non soumise au rendement et à la production acharnée. C'est la leçon politique qui commence alors : dans quelle société voulons-nous vivre demain ?