Héraclite. 10 Octobre
C'est dans les pages du journal La République du Centre que je trouve cette citation faite par Jean Luc Mélenchon. Et ce n'est pas parce que c'est lui, c'est seulement parce que cette phrase attribuée à Héraclite (philosophe grec 500 ans avant notre ère) me paraît digne de quelques minutes de réflexions : "le conflit c'est le père du futur".
Plongés que nous sommes dans une période de conflits ici et loin de nous, (ni la première ni la dernière) où ce sont les plus jeunes qui se manifestent comme révélateurs, il est intéressant ainsi de tenter de voir ce que serait ce futur.
S'opposer à ses parents c'est chercher des failles où grandir. Cela peut se faire par fractures mais aussi par dialogues, reconnaissances de l'identité en train de s'affirmer, de chacun chacune. Se rebeller contre un ordre établi c'est volontairement saper des fondements usés, les mettre en lumière et forcer les décideurs à se remettre en cause. D'ailleurs le ministre de l'éducation a sorti impromptu trois mille enseignants d'on ne sait où pour satisfaire des demandes légitimes. Une sorte de multiplication divine, des pains de la république appelés enseignants sans doute rangés quelque part, dissimulés, en attente d'un conflit.
Le futur effectivement se dessine à partir des refus, des résistances, des fractures et c'est assez sain. Ce qui l'est nettement moins c'est la réponse armée, la réaction uniquement policière avec des scènes sauvages, ce qui satisfait à la fois les casseurs et les partisans de l'ordre en uniforme. Paradoxe dangereux d'une société sans souffle.
Les réponses doivent donc essayer de préparer les lendemains. Ceux ci ne vont pas plus chanter qu'auparavant mais ils seront à certains égards nouveaux dans la forme et le fond. Du moins peut on l'espérer. Le risque étant que la nouveauté soit réactionnaire c'est à dire un retour en arrière. Le conflit engendre le futur pensait Héraclite mais que pensent dans l'immédiat les manifestants et les gouvernants. Les uns sont loin de leurs ainés de 68, ils cherchent à mieux étudier pour mieux vivre, les autres empêtrés dans des comptabilités en déroute cherchent à gagner du temps.
Gagner du temps en ce cas c'est repousser les réalités futures qui, de toute évidence arriveront et demanderont des choix prioritaires pour le climat, la planète, le vivant et plus prosaïquement l'éducation, la santé, le logement...etc.