On sait. 4 octobre
Saint Pierre la Garenne, (tu parles d'un nom pour le retrouver sur la carte ! ) un village dans l'Eure, 927 habitants au dernier recensement, entre Vernon et Evreux, région Normandie, plutôt banal, peinard, avec une usine Syngenta, groupe suisse devenu chinois. Syngenta, numéro Un mondial, semencier, fabricant de pesticides adresse officielle à Guyancourt dans les Yvelines. Des emplois et une dangerosité avérée qui a provoqué ce week-end, un rassemblement de plusieurs milliers de personnes, inédit dans cette commune. Cinquante organisations écologistes européennes se sont unies pour alerter devant ce site des risques des pesticides largement acceptés par l'Europe au nom de l'emploi. La France ayant sous pression du lobby FNSEA, accepté de déroger à plusieurs interdictions de pesticides.
Maints rapports ont livré leurs conclusions, toutes convergentes, concernant ces pesticides et leurs productions. Risques cancérigènes, pollutions des sols, destructions des terres. Voilà on sait.
Tout comme le changement climatique, la fonte des glaciers, l'érosion des côtes, le bouleversement provoqué par la sécheresse, les effets de celle ci lorsque des pluies diluviennes comme à Montpellier , tout est connu, précisé. On sait.
Tout comme l'état des lycées. Les organisations de parents d'élèves ont rappelé leurs nombreuses interpellations sur ce sujet décrivant les plafonds effondrés, les toilettes inaccessibles, les isolations défectueuses, les traversées de rats dans les cours. On sait.
Tout comme l'état des prisons (plus de 90 000 détenus pour une capacité d'environ 75000 cellules correctes). Situation multiples fois relevée par l'Europe entrainant des condamnations de la France. On sait.
Tout comme les violences faites aux femmes, le nombre de féminicides documentées inlassablement par des organisations débordées par les appels à l'aide. On sait.
C'est sans doute ce qui rend la vie en société française difficile, fracturée depuis une décennie comme jamais. Les constats, les bilans, les enquêtes en matière sociale se répètent mais ne semblent avoir aucun effet sur les choix faits politiquement, sur les priorités décidées concrètement. On sait beaucoup mieux, beaucoup plus, ce qui se passe partout dans un pays comme le nôtre, comme tous les pays traversés par l'irrésistible toile numérique. Le sentiment ressenti est celui d'être submergé par les révélations, les conclusions scientifiques irréfutables en matière de protection de l'environnement.
On sait, donc de grâce aucun étonnement devant des manifestations de toutes sortes relayant ce savoir, nié, caché qui pourtant dans maints domaines suppose quelques décisions simples, rapides. Faute de celles ci et pour faire taire les paroles discordantes on envoie des casqués, bottés, matraques en mains...quelle erreur !