Les nèfles. 11 Octobre.
C'est brun, c'est à consommer blet, ça fait entre trois et cinq centimètres et ça rassemble 5 noyaux. La nèfle est le fruit du néflier. Elle se récolte à l'automne, en ce moment. C'est un fruit d'actualité. En Lorraine la nèfle se traduit par "cul de chien". Ce qui est, vous en conviendrez, péjoratif. Au 16 ème siècle le vocable populaire traduisait ainsi : avoir des nèfles c'est avoir peu, des choses sans valeur. L'expression populaire a traduit "des nèfles" par rien du tout ou pas grand chose. Se vendre pour des nèfles c'est accepter de vendre son bien, ses idées, sa puissance pour des pacotilles, des fanfreluches, si peu !
Alors vous avez accepté le marché pour des nèfles !
Deux exemples ici, sur le territoire de l'hexagone de la métropole : l'A 69, l'A 412...des appelations qui semblent copier celles des pesticides. Deux autoroutes inutiles, coûteuses, désastreuses pour l'environnement, l'une entre Toulouse et Castres, l'autre entre Thonon les Bains et Genève. L'entêtement des élus locaux, gauche droite, le lobby des constructeurs BTP autoroutiers, la pression de quelques industriels (laboratoire P Fabre à Castres) ont conduit à ces tranchées de bitume qui coûtent cher en environnement et cher en péage. La Région Occitanie de Mme Delga (PS) n'a rien voulu céder aux défenseurs de l'environnement qui démontraient que 29 km de quatre voies détruisant des terres agricoles étaient un non sens alors que le changement climatique exige moins de goudron, moins de véhicules et une vision de la société non liée à des transports polluants. Pour une poignées de nèfles on a vendu des terres à l'avidité autoroutière. Quant à l'A 412 non encore entamée mais désormais visible avec des coupes dévastatrices de forêts c'est itou. Certes on va gagner des minutes de durée de voyages ( pour en faire quoi ?) mais c'est du court terme alors que la disparition de forêts entame durablement nos résistances au changement climatique.
ça c'est chez nous.
Le Président US vient pour des nèfles d'acquérir quelques millions de barils de gasoil supplémentaires en sacrifiant l'Ukraine soi disant pour faire baisser le prix des litres de diesel à la pompe ce qui est loin d'être avéré. La honte égale la rage de constater combien des élus puissants sont capables de sacrifier des idéaux essentiels pour si peu, à peine un ou deux pour cent de la consommation barils/jour des US. Pendant que son équipe négociait avec les émissaires de Zélensky, Trump en un coup de fil rompait avec ses propres engagements envers la Russie (blocage des avoirs). Pour si peu, des nèfles, diront les puristes, on renverse les alliances, les promesses, on favorise l'ennemi. Poutine ne goûtera pas les fruits néfliers. Il s'en moque. L'occident fracturé par la dinguerie trumpiste l'aide dans son entreprise guerrière. Kiev et les Ukrainiens bombardés, terrorisés, pour des peccadilles, des nèfles là encore, sont soudain abandonnés. C'est à L'Europe de réagir mais déjà l'Allemagne s'est contenté de déplorer...Le vocabulaire diplomatique est monstrueux. L'envahisseur russe qui a parié sur une mésentente européenne compte les points, et les nèfles, encore.