Océans. 28 Octobre
Voilà un livre d'aventure ! 156 ans après Vingt mille lieues sous la mer où Jules Verne imagine le Nautilus et son Capitaine Nemo explorant les fonds des mers, il faut lire "Océans le nouveau partage du monde" de Guillaume Pitron publié aux éditions Les Liens qui Libèrent. Comme une suite réaliste à l'imagination formidable de Jules Verne, je lis une planète non pas bleue mais sombre telle une nuit sans étoile. A partir de 150 mètres de profondeur, 99 % de la lumière a disparu. Sous la surface des océans parcourus de traversées commerciales diverses, réside un monde marin à portée de nos capacités technologiques.
A l'évidence, les mers sont des territoires à investiguer pour en tirer un profit ouvert à tous. Assurément notre avenir réside dans les océans. Une sorte de révolution industrielle en cours passant de la terre à la mer. Il ne faut pas craindre cette géopolitique encore en gestation dans des abîmes tels des univers inversés. L'homme observe dans le ciel, avec envie et minutie, les galaxies les plus inaccessibles, prêt à dépenser des milliards de dollars pour tenter d'aller sur Mars c'est à dire pas très loin, mais c'est dans le coeur des océans qu'il conviendrait de se mettre en quête de matières premières. Nous consommons la mer explique Guillaume Pitron mais il y a tant d'autres ressources désormais essentielles à utiliser. "l'océan est un potager, une ferme, une centrale électrique, une station service un puits d'eau douce" écrit l'auteur qui pendant plusieurs années a enquêté sur ces fonds inconnus encore peu exploités. La Chine avance mais l'Europe règne sur de gigantesques territoires marins. C'est sa chance. A 27 (plus la Grande Bretagne) ce n'est pas simple mais l'enjeu mérite un choix économique et politique qui engage les décennies prochaines.
La lecture de ce livre est passionnante, elle permet d'apprécier ce qui a déjà été découvert, mais surtout elle soulève maintes questions de sécurité internationale, des batailles de compétences de superficies, des progrès en matières de capteurs, de drones sous marins, de satellites...Les océans représentent 70 % de la surface du globe (113 mers et 5 océans). Les bouleversements prochains sont à préparer comme des recours pour l'humain aussi bien dans le domaine de l'alimentaire que de la santé.
Jules Verne est à relire en parallèle pour mesurer l'extraordinaire imagination de l'écrivain mais également pour entrer dans le nouvel âge de la connaissance des fonds des océans. Ce que nous pouvons maintenant faire en matière d'exploration est sans commune mesure. Les richesses stratégiques sont immenses. C'est une "biodiversité sombre". Le bonheur de parcourir les pages d'un tel ouvrage ressemble à un voyage où à chaque instant, on apprend, on réfléchit, on compare. Cet étrange masse liquide insondable n'est pas uniquement peuplée d'animaux monstrueux, elle est surtout une réserve énergétique pouvant répondre aux besoins d'une population de près de 9 milliards de personnes.
Je n'ai pas fini de prendre des notes. J'y retourne !