Monnaie 9 janvier
Monnaie
le grand bonhomme à la peau noire s’est avancé, il semblait balancer entre venir ou pas, il se frottait les yeux, grosses mains rapées, il portait des basket ouvertes, l’une était trop petite pour son pied, il trainait la jambe, il souriait aussi...il faisait encore jour, la neige s’était dispersée, le froid n’avait rien d’anormal, quelques sapins de Noel couchés dans des sacs attendaient une benne accueillante. Le kiosque à deux pas avait encore deux exemplaires du journal Le Monde où il le titre annonçait les évènements en Iran. Je n’avais que cinquante centimes en poche. Les pièces se font rares, on paie en carte, rien pour le don ou presque. Il a tendu la main, à épient regardé les cinquante centimes et s’est fendu d’un c’est toujours, merci et puis il s’est remis en marche, vaguement claudiquant, peut être un pied difficile. La vie du quartier était à peine troublée par le passage d’une ambulance, la plupart des passants tenaient leurs téléphones à la main et semblaient chercher quelque chose, heurtant leurs vis à vis qui lui même suivait une image sur son écran. La vie banale quoi. Qu’est ce qu’on peut faire avec cinquante centimes. De loin il s’est retourné et m’a fait signe comme on fait signe à un copain que l’on va revoir, j’ai fait la même chose.
Voilà, c’est pas grand chose n’est ce pas ce moment. Il faut garder de la monnaie dans sa poche. Sinon...