Pendaisons 29 Juillet

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Il y eut la terreur et son acolyte, la guillotine. Elle coupait en deux les opposants et le lendemain les anciens gouvernants. Par charrettes, par paquets ligotés, les bourreaux ne chômaient pas. C'était il y a presque deux cent cinquante ans en France. Aujourd'hui sans faire de pause les bourreaux de Téhéran pendent par groupes, par duos, et le font savoir en affirmant que tout est conforme au droit suivant l'avis d'une cour suprême composée de juges soumis.

C'était il y a trois jours deux jeunes femmes, deux soeurs jumelles. Une photo d'elles deux a été posté sur un réseau. Elles sont vêtues avec élégance de robes blanches, elles sont belles et jeunes. Elles ont manifesté contre les mollahs. Elles ont été pendues ensemble dit la chronique. Pendues pour inimitié contre Dieu ! précise le communiqué funèbre.

Hier c'était deux jeunes hommes et avant hier aussi, des copains, des amis fidèles ayant eux aussi manifesté contre le régime. Par temps de guerre la pendaison des civils iraniens ne s'arrêtent pas. Des centaines de condamnés à mort pour "terrorisme" c'est à dire opposition aux gardiens de la Révolution attendent leurs exécutions. Récemment ils ont été filmés assis en rangs tenant dans leurs mains des papiers protestant contre cette vague de pendaisons. La vidéo a été diffusée largement.

A Téhéran rien ne semble émouvoir les dirigeants engagés dans un bras de fer militaire avec les USA qui semble pour l'instant leur être favorables. Ils en profitent. La mansuétude attendue est une chimère. Avec ou sans ayatollah visible, ils pendent. Ils assassinent. Et ça passe presque inaperçu. Le sort du peuple iranien est la dernière des préoccupations de Trump. Quant aux puissances occidentales elles protestent mais tout est vain. Chaque matin les corps passent à la trappe, qu'ils aient vingt ans, qu'ils soient sans danger pour le régime, qu'ils n'aient seulement voulu dire qu'ils voulaient être libres de penser, d'aimer, de voyager.

C'est sinistre. J'en conviens. Mais dans le grand chambardement général des informations où les catastrophes s'accumulent, il m'est important de ne jamais oublier ces crimes tranquilles qui détruisent une génération courageuse, enfermée dans un pays porteur d'une civilisation magnifique.