Sous un pan de béton. 17 septembre
Bien sûr il y a le prix des carburants et ceux qui en souffrent, pêcheurs, automobilistes contraints de prendre leur voiture pour travailler, agriculteurs etc...et puis il y a les raffineurs demeurés discrets, invisibles qui se gavent, bien sûr il y a l'obsession de la dette et les recettes miracles de ceux la même qui depuis dix ans gouvernent, bien sûr il y a le procès Dati et quelques faits divers mais ce que je retiens de ces dernières heures ce sont encore, à nouveau, toujours les images d'immeubles effondrés à Gaza. Il resterait (la presse est interdite d'entrée par le gouvernement Netanyahou) deux mille immeubles encore debout, le plus souvent déjà fortement fragilisés par les avalanches de bombes lancées par Tsahal depuis trois ans. Un quart d'entre eux sont dangereux. Mais les bombes continuent d'être jetées sur les populations civiles qui trouvent refuge dans ces bâtiments incertains plutôt que sous les toiles de tentes, trop faibles pour résister aux pluies diluviennes qui arrivent.
Sous le pan de béton épais de plus de vingt centimètres une excavation. Un enfant, un garçon, peut être s'appelle t il Ahmed, je n'ai pas trouvé confirmation, il crie, il pleure, il est coincé. Les murs n'ont pas résisté à la énième frappe. Vingt morts au moins, dont six gosses. L'acharnement mis à détruire les rares maisons encore debout procéde d'une politique systématique d'éradication d'un peuple. Rien ne semble arrêter la détermination des gouvernants d'extreme droite à Jérusalem. Les propos de certains ministres désignants les palestiniens comme des sauvages sont appliqués au missile près.
Et le gamin est à portée des bras et des mains des sauveteurs. Mais comment parvenir à sauver les ensevelis alors que les engins de relevage, les grues, les bulldozers sont interdits d'entrée à Gaza par Israel. Les hommes qui tentent de dégager Ahmed grattent la terre, enlevant par poignées des morceaux de plâtres ou des pierres et le garçon désigne derrière lui quelque chose, sans doute des familles enfouies à jamais sous les décombres.
Le document filmé n'est pas contestable mais cela n'empêche pas des commentaires ignobles sur les réseaux sociaux comme si le soutien total à Nétanyahou n'avait aucune limite. Faut il encore rappeler que le recensement fait état à ce jour de 73 000 morts, 174 ooo blessés , des milliers de disparus à Gaza. Qu'il y a selon les estimations de l'ONU 61 millions de tonnes de gravats à enlever, qu'il faudra au moins sept années pour le faire, que le coût probable serait de plus de 70 milliards de dollars.
Le petit garçon pris au piège d'un bombardement criminel a été sauvé je crois.