Grève. 16 septembre
La sociale ! Tout ce qui représente la vie sociale, tout ce qui se rapporte à la société, à notre collectivité humaine et aux relations entre individus. Le rappeler après une journée marquée par de nombreuses grèves n'est pas anodin. La vie sociale est faite de combats et de souffrances. Elle est trop souvent caricaturée comme une série de grèves, d'arrêts de travail, de revendications anarchiques. C'est ainsi que l'on tente de discréditer les batailles menées par différentes professions de plusieurs secteurs de production. Il est courant d'entendre certains se plaindre d'une vie sociale empêcheuse d'essor économique. Et de comparer le nombre de jours de grève en Europe. La France est devancée par la Finlande, la Belgique et le Royaume Uni. Mais ce genre d'argument est pauvre. Si l'on se met en grève ce n'est jamais par plaisir.
Un peu d'histoire : le mot grève en français est lié à la place de grève (plage, bord de l'eau) à Paris (actuellement c'est l'emplacement de l'Hotel de ville) là où les ouvriers parisiens sans travail venaient chercher une embauche. En langue anglaise c'est strike, en allemand c'est striek signification plus brutale (un coup, un mouvement brusque vers le bas), en espagnol grève se dit huelga (oisiveté) et en italien sciapero ( la sortie au travail)...
Cesser de travailler, s'arrêter pour protester contre des conditions injustes, des salaires médiocres, des risques importants n'est qu'un acte de liberté reconnu par la Constitution une première fois le 25 mai 1864 loi Emile Ollivier, et pleinement le 27 octobre 1946.
Récemment le mouvement les petits frères des pauvres parlait de la mort sociale des plus pauvres. La Sociale a besoin de ces mouvements de rentrée redoutés par les gouvernants pour que demeure une vigilance d'équité.
La grève doit avoir des effets. Elle rompt la chaine industrielle. donc elle est préjudiciable pour les entreprises et leurs propriétaires. Elle est également une gêne pour les usagers. Trop souvent c'est le seul aspect traité par les médias. Mais elle est la révélation d'un malaise social non pas sectoriel mais plus ample. L'addition des mécontentements fait naître des grèves. Les Gilets Jaunes (dont on redoute à présent le retour compte tenu du prix du carburant) ont ainsi engagé un dépassement du droit de grève, ils ont marqué la fin de l'année 2018 en montrant dans un esprit de révolte large, sans organisation syndicale, un pouvoir de blocage inédit. Les grévistes sont des lanceurs d'alerte. Ils prennent des risques (financiers) pour eux mais ils sont une avant garde qui, certes, peut agacer, mais qui permet de révéler au reste de la société (la sociale !) les maux cachés du monde du travail.