Autodafé 31 Juillet

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Autodafé, action de détruire par le feu. Jadis l’église très chrétienne procédait à des autodafés d’hérétiques, par dizaines le plus souvent afin qu’ils se repentent avant de brûler et d’aller dans le soi disant autre monde. Les nazis brûlèrent des livres qu’ils jugeaient néfastes à leurs idées. Ils commencèrent par les livres puis ce fut le génocide.

On vient d’apprendre à la faveur d’une enquête judiciaire que cette pratique n’est pas abandonnée. 

La société US, Anthropic , entreprise géante qui développe l’Intelligence Artificielle Claude, a admis avoir détruit par le feu des milliers d’ouvrages qu’elle avait téléchargé illégalement. C’est une opérations secrète baptisée Panama qui a donc fait disparaitre quelques 482 000 livres volés. 

Car pour les modèles d’Intelligence Artificielle il faut des aliments nourriciers: des mots, de la grammaire, de la syntaxe, du vocabulaire, des verbes conjugués…Sinon l’IA c’est vide, belle machine creuse. L'Intelligence créée a besoin de nos mémoires, de nos écrits, de notre savoir archivés depuis des siècles.

Claude est une ‘famille’ de grands modèles de langage prétendent ses initiateurs. Ils ont même crée une recherche en éthique de l’IA. Comme quoi les voleurs sont malins, ils se parent d’oripeaux honnêtes pour mieux détourner l’attention sur leurs besoins voraces de connaissances accumulées.

 La Justice américaine sur plainte d’ONG a débusqué la forfanterie. L’instruction en cours porte sur les moyens utilisés par ce projet Panama pour numériser de manière destructrice tous les livres du monde ! Rien que ça. Les bibliothèques sont des proies pour ces Data, sorte de descendants des Ogres  racontés aux enfants. 

Au mois de mai dernier Anthropic a été valorisé à 965 milliards de dollars.

Voilà ce sont des faits. Le prix de l’IA, découverte magique qui promet un monde ouvert et sans limite de puissance, c’est aussi détruire des bibliothèques, des livres formés de pages d’écritures, de travaux millénaires, de langages anciens. La machine a besoin d’emmagasiner ce qui est le savoir humain pour apparaitre comme omnisciente. 

L’invention d’un monstre présenté comme libérateur de tâches complexes suppose des dégâts immenses. Quelques pays, quelques institutions internationales s’en préoccupent, on prépare des textes de lois en Europe, mais la mécanique de l’IA est lancée et nos barrages juridiques semblent faibles contre cette construction qui génère tant de profits.