Mémoire 8 janvier
Ne pas s'étonner d'une mémoire défaillante. Sur un nom, un lieu, un propos. Chaque jour reprendre une lecture, ouvrir un dictionnaire, prendre une note et laisser aller son imagination. Ecrire est une matière de résistance au temps qui face. Il ya trente ans la mort de François Mitterrand était annoncée. Fin d'un long moment politique, fin aussi pour ma génération de reportages, rencontres, interview, partage privés. François Mitterrand me reçut en 1978 à Lacté. Il venait de perdre des élections législatives. D'aucuns prédisaient la fin de sa carrière. Dans les bois environnants je parcouru pendant plus d'une heure des couleurs, des odeurs, des formes forestières qu'il me commentait tout en s'enquérant de mes origines. Il me manifestait un intérêt qui m'émeut encore. Puis j'eu l'extrême privilège de le voir chez lui, d'avoir avec le Président une relation de confiance...Il voulait changer la vie. Il l'a fait. Par sa culture, sa ténacité (ne cédez rien), sa vision de l'avenir...Trente ans ont passé. Il avait prévenu ses ministres, ses amis, que la lutte serait dure, qu'ils avaient devant eux un monde hostile, qu'il fallait marcher, marcher sans céder rien ...La leçon aujourd'hui résonne fort. François Mitterrand, personnage de notre histoire, de notre roman national, socialiste lucide, persuadé de la nécessité de l'Europe...Difficile de transposer ses dires au présent ...la situation est tellement différente et cependant devant le rapport de force imposé trivialement par Donald T François Mitterrand à l'évidence n'aurait pas reculer. Aujourd'hui, ce jeudi 8 janvier, dans un train vers Nantes, je tente de retrouver dans mes souvenirs ceux qui m'ont obligé à travailler sans cesse pour que le métier d'informer soit rigoureux, honnête mais jamais neutre.