Turquie 25 mai
Il fait beau en Turquie. Les touristes européens s'y précipitent pour le soleil, le golf et les prix des voyagistes. Le pays sait y faire. Tout comme le Président qui mène sans sourciller une politique conservatrice, répréssive et autocratique. Recep Tayyip Erdogan est Président de la République turque depuis aout 2014. Réélu et disposant d'une majorité absolu au Parlement il poursuit méthodiquement l'élimination de toute opposition. Le maire d'Istanbul, Imamoglu, est en prison depuis plusieurs mois, son procès va durer encore longtemps puisque les pages des actes d'accusations fabriqués de toutes pièces, se sont empilées par milliers. IL était la principale menace pour Erdogan.Le chef du principal parti d'opposant vient avant hier d'être chassé par la police au sein même du bâtiment de son parti. La presse est muselée, sous surveillance et Erdogan s'est arrangé pour faire voter une loi qui lui permet de nommer les juges qui lui conviennent. Ceux ci sont obéissants et toute honte professionnelle bue ils suivent les directives du Président. Ainsi la vie politique de ce pays de 85 millions d'habitants est régie de façon autoritaire alors que celui ci est candidat à l'entrée dans l'Union européenne. Candidature toujours en suspens car les critères de respect des droits humains sont évidemment absents du côté d'Ankara. Le paradoxe est que la Turquie est membre de l'OTAN, qu'elle est donc alliée aux USA tout en jouant double jeu avec Poutine et en se déclarant ostensiblement contre les agissements d'Israël.
Erdogan, 72 ans n'entend pas quitter le pouvoir, il tient celui ci en ne cachant pas son aversion pour un statut équitable des femmes, le droit à l'avortement et la laïcité pourtant prônée par les fondateurs de l'Etat Turc. Tout cela ne semble pas gêner outre mesure les chancelleries européennes ou américaines qui ont besoin de l'entremise d'Erdogan au Proche Orient.
Erdogan fait table rase de la démocratie en s'attaquant à ses opposants, s'impose comme passage obligé des occidentaux pour tenter de résoudre les conflits en cours et la vie économique et sociale de son pays se dégrade. Mais il parait bien difficile de prévoir une chute de ce dirigeant tant il a verrouillé le système présidentiel au point de penser à modifier les règles constitutionnelles afin de se faire encore réélire malgré l'interdit légal...