Tunis 26 avril
A l’écart, face à la mer vaguement balayée par un vent d’ESt instant, en terre d’Afrique, à Tunis, à la Marsa, une barque et son seul maître à bord. Le pêcheurs courbe, se relève, il rame, sans forcer, tirant un filet lesté qu’il dispose au fur et à mesure de son avancée glissante sur l’eau. Pas de bruit, pas de moteur. Il rame à son goût, pour ses besoins, ses mains lâchent les rames, il se lève, reprend le filet semble t il emmêlé, el secoue, puis se rasseoir. De loin, de la rive il ne semble pas produire d’efforts particulier. Peu à peu le filet forme un trait, une ligne molle s’allongeant en parallèle de la rive, un tracé sur la surface de l’eau sous lequel le piège est tendu. La mer se tait, son silence est complice seulement troublé par des séries d’ondes frisées.
Je regarde. Le voyage hier jusqu’ici était court. Pour trois jours ici. L’autre côte de la mer Méditerranée. Un goût de calme, une apparence multiple, désordonnées, paisible.
J’ai pensé que plus au large, à portée d’îles italiennes souvent la nuit des barques bondées de migrants exploités, martyrisés tentent sans cesse, sans ignorer les dangers, la traversée vers l’Europe, vers un asile où les vitrines sont belles.
Des milliers de morts chaque année.