Tsitakakantsa 25 Juin
Ô Roi de la forêt, géant généreux, inspirateur de sagesse et de fertilité, symbole de mille années à protéger femmes, enfants, hommes pour qu’ils grandissent, vivent décemment, apprenant les leçons naturelles. Tsitakakantsa est arbre, un baobab millénaire, un monument du vivant dont le nom en dialecte du Sud Ouest de Madagascar signifie: « Si l’on chante d’un côté du tronc on ne peut pas entendre le chant de l’autre côté ».
Précision : la circonférence du tronc fait 29, 3 mètres !
Il se meurt, a perdu une branche, est pourri de l’intérieur…Les pluies intenses et répétées à Madagascar ont eu raison de lui. Le réchauffement climatique là bas comme ici et partout lentement et durement est en train de sacrifier des parts d’humanité. Des peuples, des corps et des arbres.
Tsitakakantsa est un symbole. Peu ont eu la chance d’aller se reposer à ses pieds dans le village d’Andombiry. Des botanistes, des spécialistes des baobab ont fait le chemin et rendent compte de cette fin prochaine. Tsitakakantsa, végétal hors norme aura résister pendant des siècles mais il ne peut rien contre l’usure des temps présents, contre les tombées diluviennes qui rongent, s’infiltrent. Les arbres sont des organismes vivants, ils subissent tels des êtres humains les mêmes avanies du climat général. Il faut planter, planter sans cesse des arbres, ils sont notre gage de survie.
En Ethiopie 714 millions des arbres ont été plantés (mobilisation de bénévoles ) et peu à peu toute une région a vu renaitre une forêt bénéfique.
En France tandis que l’on se lance des propos outranciers de pré campagne présidentielle, entre écologistes et extrême droite, sur les climatiseurs à installer partout et tout de suite, la première chose à faire est de planter des arbres, de ‘débitumiser’ les sols citadins et notamment les cours d’école, les rues piétonnes, les allées de promenades. Beaucoup de villes ont commencé (souvent sous les railleries conservatrices) ce travail qui, effectivement, ne donne pas des résultats immédiats mais qui modifie durablement l’environnement urbain, augmente la résistance aux pollutions et permet l’absorption des pluies lorsqu’elles se transforment en coulées invasives parce qu’elles ne peuvent imprégner la terre. C’est pourtant simple à comprendre mais c’est moins spectaculaire que des achats soudain sous la pression météo, d’appareils qui, eux mêmes vont entrainer des surcouts de chaleurs extérieures !
Tsitakakantsa, le nom est difficile à prononcer peut être, il suffit de le répéter souvent ne serait ce que pour se souvenir d’un baobab témoin de mille ans au moins, signe encore bien réel d’une planète de vies. Les arbres sont notre salut et on peut commencer petit avant d’envisager un baobab !