Des trous dans la raquette 19 aout

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Les troyens se voyaient invincibles derrière des enceintes fortifiées inexpugnables. Or une machinerie camouflée en cheval eut raison de cette arrogance guerrière. Toute puissance contemporaine est également susceptible d'une invasion, d'une agression subreptice qui déstabilise l'ensemble de son édifice.

Que ce soit le Pentagone ou l'immeuble pieds dans l'eau de la Seine du ministère Bercy-Finances, les béances existent. Et les hackers installés on ne sait pas vraiment où, dans des locaux tagués, moches et parfaitement anonymes, s'en donnent à clavier joie pour pénétrer dans ces institutions officielles, ministères régaliens, sans fracturer quoi que ce soit, sans haine ni violence, juste le pari d'être plus fort que le gendarme et de se jouer des sécurités nationales comme dans une soirée de poker. Il s'agit d'ouvrir un coffre fort façon gentlemen pour y puiser de quoi gagner beaucoup d'argent et déstabiliser des états dominateurs et sûrs d'eux mêmes. La France a des trous dans ses raquettes.

Par trois fois quelques garçons ou filles (on ne sait pas qui ) ont pénétré dans les archives sociales et fiscales françaises pour puiser des noms, prénoms, adresses, coordonnées bancaires ou sanitaires et les revendre comme mailings juteux à des applications installées hors d'atteinte. Nous avons inventé une magnifique pieuvre savante qui avale tout et nous ressort son intelligence artificielle où nos propres identités sont des monnaies d'échanges.

Les trous dans la raquette est une expression tennistique, on joue mal avec des cordes disjointes, détendues, coupées. Un état est comme mis à nu dés lors qu'il voit ses fichiers sécuritaires ou économiques perçés façon cambriolage des années folles. Les ministres découvrent alors que leurs propres compétences sont à découvert, que les citoyens imposés sont des cibles commerciales. Les lacunes sont des espaces vides, les manques des absences de connaissances, les failles des erreurs de calculs mais nous n'en sommes plus là. Démonstration est faite que ce monde numérique est un paysage favorable aux plus retors, aux voyous sur écrans, aux arsènes lupins version tiktok, des anars intéressés par les échanges de bitcoins sans aucune motivation claire mais plutôt polysémique. L'Etat est nu avec dans sa main une raquette répressive trouée. C'est rassurant peut on penser pour se persuader de n'y voir pas danger. Un état blindé a peu de chance d'être démocratique.

Les trous sont signes de faiblesse humaine. Ce qui peut être bienvenu. Sauf que les discours quasi militaires sur l'imperméabilité de nos défenses informatiques s'effondrent en ce moment. Et nous ne sommes pas les seuls dans le monde. Il est temps de comprendre que cette immense et infinie toile de données nourrie par des algorithmes est perméable et donc que toute société soucieuse de la protection des identités de ses citoyens doit avec mesure et vigilance y adhérer éventuellement. Pas facile, j'en conviens.