Tortues 20 juin

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Elles sont parfois centenaires, dotées d’une carapace reconnaissable, lentes , désespérément lentes, mais obstinées, issues d’une lignée multiple, plus de trois cents familles recensées sur terre et mer, ce sont des tétrapodes parfois énormes, souvent pas plus larges qu’une paume de main humaine, les tortues nous sont familières jusque dans nos jardins, vaguement objets de risées, toujours dépourvues d’un imaginaire brillant mais toujours dignes d’une attention nécessaire, puisqu’elles semblent les représentantes d’histoires fort anciennes. 

C’était, parlons hélas au passé, la passion de Mona Khalil installée au sud Liban sur la plage de Mansouri. Militante écologiste venue des Pays Bas elle avait découvert le sort des tortues marines il y a 27 ans et depuis elle avait fondé une ONG  et défendait avec ténacité cette espèce animale sur ce lieu du sud libanais comme un territoire réservé aux tortues.  Elle avait obtenu que ce sanctuaire animal soit officiel.

Pas de quoi devenir une cible. Et pourtant dans son acharnement meurtrier l’armée sous les ordres de Netanyahou  a expédié un missile, une bombe, un drone va savoir, sur la maison du bord de mer où Mona Khalil vivait. Elle en est morte, tuée parce que présente au mauvais endroit au mauvais moment. Les militaires de Tsahal ont du confondre les tortues et le Hezbollah. 

C’est une anecdote de guerre, évidemment peu importante au regard des milliers de morts déjà recensés au Liban, mais une de ces histoires collatérales insupportables parce que mettre fin à la vie d’une femme qui ne prétendait qu’à sauvegarder celles des tortues ne fait que condamner un peu plus le délire extrémiste du gouvernement d’Israel. 

Les tortues sont vivantes sur la plage de Mansouri. Elles crient peut être, je ne sais pas, personne n’est resté sous la menace des bombes pour les écouter pleurer la mort d’une femme venue du Nord de l’Europe vivre sur le sable du sud Liban juste pour les préserver des destructions humaines…