Tempéré 25 Juillet
Ainsi on nous a enseigné des carabistouilles. Ou bien c’était une courte vue, de la connaissance limitée…Nous avons appris qu’il y avait un hémisphère nord et un hémisphère sud, des pays froids, très froids avec des glaciers gigantesques et des jours sans nuits, des pays chauds très chauds avec des déserts et des sécheresses provoquant des famines. Nous, nous étions entre les deux, des pays dits tempérés. Nous étions le coeur de la civilisation, l’occident raisonnable et douillet, ni trop chaud ni trop froid. C’était rassurant. Or avec les années de savoirs accumulés, les constats et autres expertises scientifiques liés aux changements climatiques de plus en plus répétitifs, le mot tempéré a disparu. Ce centrisme météorologique est balayé par les évènements inédits dont le dernier El Nino sera suivi d’autres. Les pluies torrentielles, les dégâts faits aux côtes, les glissements de terrains, les incendies en Espagne et en France sont autant de démentis à cette vieille idée enseignée de la tempérance de notre situation géographique.
Non il ne s’agit pas de la fin du monde même si les images des feux sont extrêmement spectaculaires et traumatisantes mais il s’agit bien de la fin d’une époque, du basculement planétaire vers une ère soumise aux dérèglements du climat qui se réchauffe parce que l’homme n’a pas su, ne sait toujours pas reconnaitre ses destructions environnementales. S’il le faisait cela suppose ensuite de revoir complètement les modes de vie, l’organisation sociale productiviste, la consommation.
Les évacuations de milliers de personnes en Gironde, les menaces sur Madrid face aux flammes inarrêtables pour l’instant sont les nouveaux signaux d’alertes. L’Europe ne peut plus prétendre être à l’abri des fontes des glaciers d’une part et des montées d’airs chauds d’autres part.
Tempéré c’était confortable, rassurant, on regardait ces gens du nord et du sud comme des survivants, des rescapés de météos extrêmes. A présent tous les avertissements des écologistes, scientifiques, chercheurs se concrétisent.
Face aux feux on peut évidemment accroitre le nombre de Canadairs mais c’est une histoire sans fin où nous courons toujours avec retard contre le danger. Ne pas comprendre que ce que nous vivons aujourd’hui n’est que le début de décennies périlleuses en matière de préservation du vivant et de la planète est un aveuglement politique. En matière de gestion de l’eau, des ressources alimentaires, de la construction de logements, de transports (bétonner des terres c’est à terme provoquer des inondations) il est l’heure de quitter la quiétude pour repenser toute une gestion de notre territoire et bien au delà.