Teinte verte 6 aout
Le paradoxe est à son comble. L es brûlures de la terre, les crevasses sèches de la terre, les pollutions aggravées par la surconsommation et pourtant écrit on l'idée verte est à la ramasse. Une cause sans tête puisqu'il n'y a personne pour incarner (sic) la cause. ON rappelle Réné Dumont Nicolas Hulot ou Noel Mamère et puis d'un grand coup de chiffon sur une ardoise on efface. L'essentiel est dans la cause n'est ce pas et tous les chafouins et autres réacs aveugles et sourds aux changements climatiques qui annoncent avec certitude que l'écologisme est en train de mourir devraient plutôt s'interroger sur leur aveuglement et leur surdité.
Cet été est pourtant un vaste signal mondial qui n'en finit pas, adressé aux humains pour qu'ils modifient en profondeur leurs modes de vie. Les incendies géants affectent pratiquement tous les continents y compris l'arrogant Amérique trumpienne, avec des conséquences inégales mais des destructions de biens forestiers importants, des déplacements de populations et des perspectives à dix ans de renaissance à minima si toutes catastrophes climatiques s'arrêtaient ce qui n'est vraiment pas prévu. La sécheresse est spectaculaire (les images du Danube devenu vague ruisseau par endroits) sont parmi celles qui heurtent le plus mais les pays de l'hémisphère sud sont à la fois confrontés à des sols désormais trop durs et secs pour être cultivés et puis à des inondations (Ethiopie) toutes aussi destructrices.
Paradoxe d'une société estivale qui ne parle que de chaleurs et de feux, de récoltes maudites et de prix du pétrole et qui ne donne aucun signe avant coureur d'une mobilisation écolo. Les verts isolés politiquement, banalisés par des annonces de droite et de gauche qui ne seront même pas suivies d'effets sensibles, sont absents. Tandis que l'on autorise une méga ferme pour des dizaines de milliers de saumons, que les bassines sont autorisées tout comme les pesticides hier encore proscrits, la teinte verte s'efface dans les programmes vendues sur les bords de plage par la multitude des candidats, qui, d'ailleurs se gardent bien d'évoquer l'urgence climatique.
J'écris ceci dans la moiteur d'une nuit d'aout et sans doute pour beaucoup d'entre vous que des souvenirs de bonheurs d'enfance reviendront pour raconter d'autres moiteurs, d'autres nuits sans draps, fenêtres ouvertes...mais le temps va vite et apporte avec une vitesse déconcertante un verdict sans appel: nous vivons les prémisses d'une nouvelle société humaine soumise à des climats qui vont redéfinir la géographie mondiale. J'ai parfois le sentiment de me répéter.