Sous terre. 11 avril

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Paris sous terre : le métro est un lieu d’affluence, d’influence aussi. Les quais sont lavés, nettoyés, quelques stations (ah Vanneau) ont été écorchées , grattées, offrent des voûtes arrachées à l’histoire, soudain dépourvues de tout ce qui ailleurs fait d’une station de métro un lieu d’observation des tendances, des spectacles, avec des placards publicitaires à l’ancienne, des sièges inconfortables et des endroits sans charme. Le métro est une attente aux multiples atouts. . Des minutes comptées et décomptées, des annonces à peine audibles car diffusées sans l’acoustique suffisante mais qu’importe sous terre les métros sont là, bientôt, repartis, arrêtés pour régulation mais quelle vie intense ! Ce sont des machines et des humains. Du personnel de veille, maintenant un service public essentiel…IL faudrait les arrêter, aller leur parler, savoir quelle est leur vie. Vie de travailleurs en tunnel.

Sous terre vit le monde du travail, des rendez vous, des spectateurs de théâtre ou de cinéma, des employés usés, des jeunes femmes ou hommes en jogging, des plus âgés serrés à deux, des téléphones où on joue, on regarde, on ne regarde plus le voisin, celui ou celle d’en face.

Sous terre c’est une ville active. Une immense toile d’araignée besogneuse et attentive à emporter, ramener, desservir des lieux de vie ou d’activités.

Sous les rues des trains aux formes diverses, souvent bariolés par des tags ou des emojis succèdent à des rames neuves, repeintes, sans séparations.

Le monde souterrain à Paris mais également dans d’autres villes pourvues de métro est un refuge, un abri malaisé pour les sans logis car ils sont le plus souvent délogés, incapables de trouver une banquette pour dormir un peu, lourdement, depuis que des sièges ont été alignés, remplaçants ces bancs trop commodes, trop propices aux corps perdus. Le métro n’est plus le refuge des paumés. C’est un réseau d’entrées et de sorties, des signaux d’avertissements, des notifications navigo, de rappels envers les pique pockets…On a nettoyé les lieux des clochards et des trainards avinés. L’ordre bourgeois s’est peu à peu emparé du système afin de rassurer la clientèle.

Paris sous terre raccompagne les valides. Les handicapés ne sont pas là, pas les bienvenus, ils n’ont pas la possibilité de descendre sous terre; Discrimination ancienne, quasi impossible à abattre.

J’y cherche un sourire, les yeux de l’une ou de l’un, un lecteur lectrice de livres, j’y vois le plus souvent des mains tendues avec des écrans où bougent des jeux imbéciles, où parlent des influenceurs idiots.

Sous terre en rentrant, à l’heure de minuit, la vie urbaine, follement fascinante, tristement solitaire.