Silence minute 27 juin

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Faire silence, se taire, arrêter geste et paroles...Pour un instant d'émotion, de stupeur ou d'enthousiasme à suivre. Les silences nous révèlent. Nous ne savons quoi dire, nous refusons d'entrer dans le bruit d'une conversation, nous sommes cois, non par lâcheté ou je ne sais quelle démission instinctive pour ne pas avoir à se justifier, mais parce que le silence s'impose à soi même, devient, sitôt confronté à quelqu'un, quelque chose, un malheur ou une extreme beauté, une évidence, nous sommes sans voix, incapables d'exprimer par un mot ce que nous ressentons si fort intimement.

Le silence est sans durée. Il vient par calcul parfois, il naît par réflexion quelquefois. Il n'est pas assez rare. Combien de voix auraient dû s'abstenir de donner un avis lors des soirées de débats sans queue ni tête où les soi disant experts osent repousser le silence nécessaire à la compréhension pour embouteiller le bavardage en cours !

Le silence est réclamé souvent tel un rite civil. C'est la minute de silence. En sport pour montrer une solidarité avec les victimes du tremblement de terre au Vénézuéla, pour rendre hommage à un joueur de grande renommée décédé. A l'origine c'est une décision plus politique. Car la minute de silence fut créée pour se souvenir des morts. Des morts de la guerre 14/18. O nomme un journaliste anglais Edward Honey ou bien un lord Sir Fitzpatrick comme initiateurs de cette minute. La première minute de silence fut décidée par le Roi George V lors de la célébration de l'armistice le 11 Novembre 1919. Un rite laïc dit on, où travail, parole et mouvement cessent, afin que chacun dans une immobilité absolue se tourne vers le souvenir des morts de guerre. A l'origine on notera que cette minute était en fait deux minutes...Minute de deuil et d'expression collective solidaire que l'on pratique aussi bien lors de cérémonies militaires à l'arc de Triomphe , lors d'entrée au Panthéon comme pour la célébration de Marc Bloch, qu'à l'occasion de compétitions sportives..Même si la minute de silence tend à être souvent remplacée par une minute d'applaudissements. D'ailleurs il n'est plus rare d'accompagner un cercueil en applaudissant le défunt artiste par exemple.

La minute de silence coupe pendant à peine soixante soixante secondes l'élan des fans, elle rappelle que le reste du monde , hors du terrain, existe. L'exercice est un peu banalisé. Mais utile au moins pour que les commentateurs puissent évoquer un drame non loin, passé au second plan de l'actualité. Il y a tant de causes et de désastres humains que toutes les minutes il faudrait faire silence.

J'ajoute que le sort de Christophe Gleize en Algérie mériterait chaque jour non pas une minute de silence, mais une minute de rappel bruyant qu'un journaliste sportif français est emprisonné injustement en Algérie.