Sangre Fria. 2 Aout
Des dizaines de milliers de personnes, hommes, femmes, quelques enfants ont donc envahi pendant quelques poignées d'heure le territoire espagnol de Ceuta, enclave au bord de la Méditerranée comme un point de mire d'évasion, en terre marocaine. On en saura sans doute plus sur cette vague massive qui s'est achevée par le retour de la quasi totalité des migrants vers leur point de départ, au Maroc, une fois analysées les raisons de ce mouvement et vérifier les rumeurs qui laissent croire à un coup monté pour déstabiliser le gouvernement espagnol.
Celui ci emmené par Pedro Sanchez a eu raison de dénoncer l'égoïsme européen et son absence de retenue voire de soutien dans cet épisode tragique qui a couté la vie à plusieurs dizaines de personnes. La France et son ministre de l'intérieur soucieux de ne pas déplaire à sa droite la plus radicale, s'est aussitôt mis à mobiliser à la frontière des Pyrénées des forces de contrôle migratoire ce qui était parfaitement inutile; l'Italie de la première ministre d'extrême droite Georgia Méloni a réclamé la mise au ban de Madrid des accords de Shengen alors qu'elle savait que c'était impossible et les communiqués de Le Pen/Bardella et autres Retailleau ont démontré une absence manifeste d'intelligence, un abus honteux du sort des migrants à des fins électorales évidentes.
Or il fallait du sang froid, "Sangre Fria" en espagnol. Réagir outrageusement comme l'ont fait Trump ou Méloni ou les mouvements d'extreme droite en Europe démontre combien le levier de la peur de l'étranger est devenu un outil de mensonge et de propagande. Les flux migratoires sont avant tout des histoires de détresses, d'appels au secours, d'être humains désireux de vivre mieux et surtout libres !
Le sang froid en matière de gouvernance démontré par Pedro Sanchez est remarquable. Il tient ses engagements politiques, il assume sa politique étrangère qui condamne ce qui se passe à Gaza, il régularise des situations de sans papiers et, suprême pied de nez aux discours xénophobes il réussit : l'Espagne va bien.
Une fois de plus la ruée des propos anti migrants est venue immédiatement, sans vérification aucune. Ce fut du Figaro jusqu'à Bardella une avalanche de cris de haine. C'était faux, c'était bâti sur rien.
Ne jamais céder à l'émotion même spectaculaire, toujours faire preuve de retenue, de calme et de contrôle. L'impulsion violente constatée est inquiétante dans une Europe où les tendances des extrêmes droites gagne en démagogie et en électeurs.