Rouge, Noir. 10 mai

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En traversant les Corbières un champ sans fin était en rouge. Une étendue de coquelicots, à peine frémissants, serrés, à l’unisson. Une couleur sang, couleur de vivant, couleur d’un vin de joie, couleur d’une colère maintes fois répétées ici.

Puis la traversée découvre des collines, des monts hérissés d’arbres noirs, sans feuilles, branches à nue, grillées, tordues. Le noir de suie, le noir du feu de l’an passé. Des coteaux devenus contrées de herses passées au feu des incendies attisés par le vent. Ici le vent règne. Le noir ressemble à des piques, des bois taillés dans une pierre noire, comme des défenses d’approcher. Et pourtant à leurs pieds, à leurs côtés des champs verts, des herbes folles, des vignes aussi.

Le rouge et le noir et puis ce qui renait, plus fort que tout…Là, il faut observer jusqu’à ressentir l’émotion naissante dans cette loi. naturelle qui, quoi que fasse l’homme, se bagarre pour réapparaître belle.