Provisoire 7 mai
‘il n’y a que le provisoire qui dure’ c’est l’intitulé d’un podcast audio du journal L’Orient le Jour de Beyrouth. Ce titre curieux pour une émission radio mérite de s’y attarder…il fait beau là où je suis et cet état est provisoire. Même prévisible le temps qu’il fait et fera demeure provisoire. Tout va bien (touchons du bois ou bien la tête) autour de moi mais ce constat est fragile, tout peut advenir dans le mauvais sens. Ce qui dure n’est qu’une succession de choses, sentiments, rencontres, succès, échecs éphémères. Une vie se remplit de ces in stands que l’on aimerait parfois partager afin qu’ils demeurent, qu’ils arrêtent le temps… voeu récurrent qui n’empêche pas la lucidité. La durée est jugée désinvolte, encombrante lorsque la vingtaine d’années est tout juste dépassée, en revanche plus tard, cette durée peut devenir une angoisse, une obsession. L’âge avancé c’est à dire celui d’une dernière tiers temps accroit ce sentiment de provisoire, alors, si l’on en a les moyens, la santé on cherche à en profiter. Egoïsme sur le tard ou bien sagesse in fine ?
Ce provisoire qui dure évoqué au Liban renvoie bien évidemment à cette situation provisoire de guerre qui dure, de même au Soudan la famine provisoire se prolonge, de même pour des milliers de personnes en France l’attente provisoire d’un logement, d’un travail, d’un accès aux soins…c’est en attente dit on et cette attente crée des amertumes, des colères.
La vie de chacun chacune est provisoire, un peu plus pour certains, un peu moins pour d’autres. Ce sont des évidences. Que faire de celles ci sinon s’obliger à construire, à bâtir, à créer…! Pour soi, pour les autres, par exigence de justice, par solidarité, par amour aussi, surtout…