Prières 20 aout

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Chacun le sait la pluie, le vent, le soleil et les nuages dans leur grande majorité sont sensibles aux croyances humaines. Aussi c’est sans surprise que l’on apprend qu’en Loire Atlantique comme en Corse (le cardinal d’Ajaccio) les autorités ecclésiastiques organisent des séances de prières pour solliciter quelque main divine disposant des cumulonimbus, afin qu’elle ouvre le grand robinet et qu’il pleuve faisant ainsi mentir les prévisions du GIEC et des organismes météo actuellement tous orientés sécheresse persistante. 

Le tout est chargé d’excellentes intentions de solidarité avec les agriculteurs victimes premières des chaleurs intenses. Apparemment ça a marché près de Chateaubriant, une pénitente rapporte qu’une pluie fine de quelques heures est arrivée peu après la cérémonie pieuse. A vérifier bien sûr.

Les rituels de ce genre ne sont pas nouveaux, ils sont pratiqués depuis bien avant notre ère. Les invocations célestes contre les éléments naturels déchaines tels les séismes ou les éruptions volcaniques sont citées largement dans les livres dits sacrés. Toutes les religions possèdent des registres de prières dédiées à des causes naturelles destinées à modifier le cours naturel des choses. Il n’y a aucun mal à ça et ne voyez aucune malice dans ce que j’écris. 

On croise les doigts à tout bout de champs, on se touche la tête ou le bois d’un banc public dés qu’une promesse est faite. Plus les connaissances progressent en matière scientifique plus les chercheurs se montrent prudents et modestes, il y a tant à apprendre. 

Alors en parallèle, sans doute par impatience et boulimie, nous cherchons le moyen d’aller plus vite que la machine terrestre en sollicitant un Dieu ou des icônes auxquels on a attribué par la rumeur populaire venue de longs siècles passés, les pouvoirs de faire pleuvoir, d’apporter réconfort et santé, de juguler les affres quotidiennes.

Il ne faut point s’en moquer. C’est une liberté assurée par la laïcité. Chacun a bien le droit de faire des gri gri pour trouver une place de parking ou un boulot, donc une prière collective afin que les terres arides deviennent prolifiques ne peut pas être refusée. J’ai même vu bénir des chiens truffiers ! D’ailleurs il nous arrive fréquemment de faire des voeux secrets qui le demeurent faute de réussite, alors si un appel à Dieu ou à ses saints permet des gouttes de pluies et des bonheurs de vivre il est hautement recommandé (si vous avez la foi) de montrer ainsi votre préoccupation climatique.