Postulat . 12 septembre
L'inquiétant coup d'arrêt de l'économie française...le titre du journal Le Monde est à la fois brutal (coup d'arrêt) et prudent (l'inquiétant). Une façon de ne pas froisser l'opinion tout en semant une graine troublante. Les chiffres de l'inflation, du PIB, du chômage, les comparaisons avec les résultats des pays européens voisins, tout s'emmêle pour aller dans le même sens. Et les commentaires des économistes, tous parfaitement alignés (ni Thomas Piketty, ni Julia Cagé, ni Esther Duflo trop en rupture ne sont sollicités) sont des accablements pour les derniers gouvernements. S'ajoute le gouverneur de la Banque de France qui monte à l'assaut du programme insoumis.
Ce qui ne me surprend pas puisque les économistes (qu'ils fassent partie d'un Cercle ou qu'ils soient honorés de Prix Nobel) entendent bien demeurer dans la logique capitaliste et décrètent avec assurance que toute entorse serait fatale. Comme il est difficile pour une citoyen moyen, entendez par là une femme, un homme salarié(e) ou artisan, petit entrepreneur, de se faufiler dans les entrelacs des théories économistes il reste comme seule alternative ce que l'on appelle le bon sens, le côté deux plus deux égale quatre. Les spécialistes réputés qui conseillent depuis des décennies les gouvernements, les institutions et maintes grandes sociétés cotées en bourse dénoncent la dette, les taxes, les impôts, les normes et les contraintes mises au libre marché. Ils se placent tous dans le postulat libéral. Sauf ceux et celles cité(e)s dessus. On entend donc une musique symphonique alarmiste montrant du doigt la gestion actuelle mais ne remettant nullement en cause le système dans lequel nous sommes englués de consommation excessive, d'enrichissement des plus riches, d'appauvrissement des plus pauvres et de négation climatique.
C'est pourtant un fait, cela se voit, se touche, il suffit de sortir de chez soi pour aller acheter des yaourts pour constater comment les achats se font à minima, comment des familles sont sous perfusion pour se loger, se nourrir, comment on dort dans la rue à tous les âges. Mais cela ne semble par heurter les auteurs des discours des dits économistes toujours hostiles à l'idée même d'une rupture avec ce qui s'est installé dans l'Occident.
Le tout petit monde des érudits de la finance entretient son savoir sans le remettre en cause. Rien ne marche comme ils le disent mais ils accusent les acteurs politiques de paresse ou de négligence. Et si c'était leur logiciel qui était obsolète ? Si toutes les théories officielles qui ne tiennent pas compte du changement climatique étaient erronées ? Pardon mais cette interrogation me semble naturelle. Et affirmer que la règle du capital est désormais intangible dans tous les pays du monde (regardez la chine communiste est le meilleur exemple de capitalisme) revient à geler toute imagination, toute volonté de faire mieux et plus juste. Mais d'accord je suis un rêveur.