Diversion 23 Juin
Unique objet de notre ressentiment selon les différents canaux médias la température et ses records envahissent le terrain général que ce soit via des noyades, des surchauffes au travail, des embarras dans les hôpitaux, des plans d'urgences et des volets clos. Alors aux heures de pointe, vers 20 h ça regorge d'images transpirantes, des propos assoiffés et de tenues presque nues. Dehors, nuit tombée, ça traine, ça se languit, ça bavarde courants d'air et douche froide. Sur la Seine défilent des bateaux chargés de convives téléphones en main se photographiant en premier plan, le second c'est la Tour Eiffel ou Notre Dame. Tant pis on n'en verra plus tard qu'un morceau.
Je me suis échappé, je suis allé rechercher la diversion qui va suivre, j'espère vous y emmener histoire de prendre l'air ailleurs, quelque part où l'esprit rêveur permet des aveux .
C'est donc une poésie écrite il y a quelques mois, alors que je regardais les vies du monde, journaliste curieux d'apprendre chaque jour ce que nous faisons de cette terre d'eaux et d'arbres, de villes et de déserts. L'actualité tout autant que la chaleur peut accabler. Alors je m'en souviens, j'ai choisi d'écrire ce qui suit (recueil publié sous le titre Champs Sauvages édition Atelier Baie), d'affirmer qu'il faut aimer ce monde...Manière personnelle d'aimer la diversion justement.
"Je connais les champs de misère
Les bords de mer de cadavres
Les champs de déshonneur où l'opprimé devient assassin
Les champs sans limites des inventions de guerre
Les territoires conquis écrasés de ruines
Je sais ma terre ronde faite d'ignominies
De génocides de toutes sortes
Et il me faut l'aimer ce monde essoufflé d'infortunes
Vivre heureux de fendre des bois primaires
Dévaster aussi
Ce qui s'acharne à perdre les lignes des mains creuses
A force de douleurs
Trouver à travers champs des bourgeons des étoiles des rives vertes
S'étendre auprès des insectes fouineurs
Leurs galeries invisibles respirent l'air de la terre trempée
Une lumière cligne ses éclats
Signe un poème
Naturelle
L'issue de beauté s'ouvre, laisse place à une note de musique,
Quelques mouvements de corps forment des mots
Une phrase naît lue par des choeurs de peuples joyeux
Et je m'endors avec un rêve sans visages sans couleurs
Une filée sur laquelle reposent des fleurs sauvages
Jusqu'au matin
Alors, j'irai attendre un signe de toi."