Peu de choses 13 avril

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Nous sommes bien peu de choses

…c’est mon amie la rose qui me l’a dit ce matin…la chanson de Françoise Hardy me revient doucement. Je la fredonne en marchant, bien peu de choses, nos allées et venues se ressemblent ici à Paris, à Londres à Berlin, à Madrid. Sans doute qu’elles sont différentes à Pékin, Ho Chi Minh ville, Delhi, Bombay, sans doute qu’elles n’ont rien à voir avec nous à Dakar, N N’Djamena, Arusha ou Maputo, peut être quelques airs semblables à Buenos Aires, Sao Paulo ou Lima et encore…Bien peu de choses. Une impression de masse, de foules, de rassemblements obligés ou impromptus parfois lorsque des images parviennent à voyager partout et là nous sommes semblables, des vivants en sociétés certes très différentes mais des humains, sexués, pacifiques et violents, colorés de drapeaux, usant de langues peu à peu envahies par l’anglais. Quelques milliards ainsi sur une même planète qui tourne sur elle même et tourne autour de la Lune et fait le dos rond à distance du soleil. L’Univers laisse la terre tourner et nous nous imaginons centre de ce tout infini.

Une vie à se croire important. L’importance de soi, de ses proches, sa famille, ses amis voire ses relations, une vie avec des voyages, des rencontres, des liens, des amours, des passions, des drames aussi et puis c’est un tout qui succède à un autre, qui possède une existence réelle et cependant fragile, futile. L’attention portée à remplir l’agenda, les jours et les repas, à user de son téléphone pour joindre quelqu’un, quelqu’une pour ensuite se donner des rendez vous et ainsi avancer de mois en années avec des souvenirs que l’on tamise, que l’on égare et finalement dont on fera peu de cas. Une vie belle à aimer, une vie de galères, d’échecs et de ruptures, une vie besogneuse, un rang social, une réussite économique immobilière, une transmission assurée, un héritage, des héritières à doter, une vie à voyager et à rentrer chez soi en rapportant des images, des soins et des commentaires généraux, vite dits, vites qualifiés…une vie mais toujours cette envie de certitudes alors que tout indique que rien n’est acquis, que le monde vivant terrien a besoin de recherches, de réflexions, d’analyses, de prudence, de doutes pour effectuer quelque avancée intelligente.

L’intelligence, faculté donnée à qui veut la développer, l’entretenir sans un but pécuniaire suppose un effacement une modestie devant l’inconnu, l’incompréhensible.

« Nous sommes bien peu de choses « et je mesure combien cette petite phrase va à l’encontre de la compétition générale dans laquelle nous nous sommes engagés.