Périphérie. 1er Novembre
En cas d'absence inquiétez vous, la rupture est proche. Il convient donc de se satisfaire des multiples manifestations répétées à intervalles irréguliers. C'est signe d'une présence visible de l'opposition à des faits, des idées, des lois. Dés lors qu'un peuple se tait, c'est signe d'un régime totalitaire, autocratique, tyrannique. Il existe dans le monde maints pays où l'on se tait, où l'on se terre pour éviter la prison. Parler, se faire entendre, défiler, revendiquer sont des droits à minima. Même les contraintes imposées par le ministre de l'intérieur consistant à renvoyer vers des lieux périphériques ceux qui manifestent au nom de la sécurité des biens ne sauraient limiter ces droits sans dommages.
L'occasion de s'interroger sur cette idée de périphérie. Une.circonférence qui éloigne du centre, qui met à distance le point névralgique de la décision, du pouvoir avec ce qui, s'étonne, bouge, remue, se soulève. L'image est à travers les siècles celle des rois, chefs d'états ou de gouvernement repoussant hors la ville c'est à dire les quartiers des lieux officiels, solennels, tout (les gueux de jadis) ce qui pourrait perturber gravement l'exercice solitaire de ce dit pouvoir. Habilement l'excuse est toujours celle de la défense et de l'intégrité des commerces, boutiques, bâtiments officiels et autres endroits indispensables à la vie quotidienne. Ce qu'il ne faut pas nier bien au contraire. Mais convenons que cette mise à l'écart du bruit des révoltes réduit la portée des cris. Si dés les premiers jours de septembre des blocages lycéens, une concertation avait été ouverte pour régler des problèmes matériels, sans doute n'aurions-nous jamais eu ces scènes de désastres urbains et de casseurs voyous. Souvent (au présent comme au passé) les gouvernants attendent, lanternant, pariant sur l'usure. C'est une erreur politique à répétition. Le déploiement répressif efficace s'accompagne toujours de drames physiques envers des manifestants. La encore ne pas nier l'évidence. Et si l'on veut bien cesser ces calculs médiocres du nombre de personnes ayant marché sur les grands boulevards ce serait salutaire. Les comptes de la police et des organisateurs sont toujours aux antipodes et réduisent les sujets de fond à l'origine de la situation sociale.
Une sorte de périphérie du jugement occultant l'importance des revendications. De même ai je souri en lisant que la proximité d'Halloween et ses masques effrayants de sorcières portés par des enfants pouvait ajouter au désordre. Allons donc ! Si on mettait bas les casques et les déguisements en allant se retrouver au centre du cercle peut être verrait on naître quelques ententes jusqu'alors impossibles tant elles étaient éloignées. Entre le centre et la périphérie, des pas de côtés convergents sont utiles pour se comprendre. Ce dimanche pour les croyants est une fête pour tous les saints (demain ce seront les défunts), ce serait bien s'ils existent, qu'ils inspirent les têtes hautes pour satisfaire les visages périphériques.