Exigence. 4 Novembre
Oscar Puente est le ministre des transports du gouvernement espagnol dirigé par Pédro Sanchez. Le mercredi 28 octobre non loin d'Urda à moins de 80 kilomètres de Tolède dans la province de Castille-la Mancha, deux trains genre TGV sont entrés en collision.Le bilan humain est de 69 morts et des dizaines de blessés. Oscar Puente a présenté sa démission hier en ces termes : "C'est une question de dignité politique, de cohérence et d'empathie envers les victimes".
Décidément, la vie politique en Espagne est exemplaire. Un ministre qui renonce à sa charge parce qu'il se sent responsable d'un drame , d'un échec, d'une erreur appelez ça comme vous le pensez. Par le passé des ministres, voire des premiers ministres, dans des pays du nord européen ont dû démissionner parce qu'ils avaient commis quelques entorses à des règle de bonne conduite. L'exigence de rigueur est un principe difficile car il peut paraitre excessif. Mais il apporte à coup sûr une crédibilité à l'engagement politique.
Or, le même jour en France, le ministre de l'intérieur devant une Commission parlementaire reconnaissait des manquements, des fautes, une mauvaise évaluation des risques des manifestations récentes et ajoutait du bout des lèvres, quelques regrets quant aux blessés civils suite aux manoeuvres policières, tout en affirmant, droit dans des bottes sombres, qu'il n'y avait pas de répression. Nier l'évidence en pareil cas s'apparente à un aveu de culpabilité. Le ministre qui avait remis sa démission au Président élyséen ne fut pas entendu. Et pourtant dans un exercice démocratique normal, celui qui est responsable de l'ordre public doit tirer les conséquences d'une faillite de ses troupes. Une jurisprudence européenne serait bienvenue en la matière.
Trop de membres amputés, d'oeils perdus, trop de coups de matraques sans motifs selon la justice, doivent à l'évidence conduire à une reconnaissance d'inefficacité en terme de sécurité. Affirmer que la répression n'existe pas, est insultant pour nombre de manifestants venus défiler sans violence et cependant interpellés, menottés, mis en garde à vue, humiliés. Cela n'ôterait rien à la défense légitime des policiers ( beaucoup ont été blessés) qui affrontent des casseurs ultra violents . Le soutien à ceux ci n'exclut pas la condamnation des excès de certains en uniformes bottés casqués.
Une démission d'un ministre n'est pas la résolution d'un drame ferroviaire tout comme les négations d'un autre ministre ne sont pas le bilan avéré d'une répression excessive mais il y a un urgent besoin de sincérité dans l'exercice, même le plus difficile du pouvoir politique.
PS: hier une erreur, une faute de frappe que sais-je mais j'en suis responsable m'oblige à des excuses. Il fallait lire "parler" au lieu de "payer" dans ma chronique du 3 novembre. Désolé !