Fripes. 3 Novembre

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Des vestes, des pantalons, des robes, des jupes, des pulls, des chaussettes, des manteaux, des blousons, des chemises, des teeshirts, des hauts, des bas, des écharpes, des polos, des doudounes, des étoles et puis quoi encore, de la fripe, des fringues, des sapes, des vêtements en tas, en grosses grappes mêlées, des monticules textiles par millions, c'est à Tunis. La capitale tunisienne accueille tout ce qui ne s'est pas vendu en Europe et ce sont des marchés en plein air sur des terrains vagues, des boutiques les unes à coté des autres dans les rues encombrées, dans la médina, partout dans le souk. Pour quelques dinars on fouille, on tâte, on sort du lot puis on rejette, on essaie, on tend bien les bras, il y a des étiquettes, des noms de maisons de luxe...L'invraisemblable amas se renouvelle, sert de dépotoir des marchés riches occidentaux ou de trésors pour les créateurs soucieux d'éviter le gaspillage. L'obsolescence programmée des vêtements, par on ne sait qui, mais certainement pas au gré d'une éthique environnementale, encourage la surproduction : cent milliards de produits textiles par an dans le monde ce qui représente 1000 milliards de dollars !

Les constats scientifiques sont précis : cette industrie est extrêmement polluante en eau, en air, pour les sols. Elle est un danger écologiste.

Entre les étals tunisois où l'on vient s'habiller souvent faute d'avoir le choix, les rencontres se font au sourire, à la gentillesse dans une ambiance criarde sympathique mais paisible. Nul ne se risque à payer politique sauf pour dire au français de passage...alors comment ça va à Paris...ça va pas bien ! les images sont affreuses...mais (celui ci ajoute d'un ton fraternel) c'est partout dans le monde les colères et puis c'est Trump et Nétanyahou qui sont fous, dangereux...il n'en dira pas plus et saluera par un "bienvenu" chaleureux.

L'immense marché de fripes que j'ai vu, illustre une société mondiale de consommation excessive, folle où l'on ne sait plus que faire de ces ballots gonflés de tissus quasi neufs. Des stylistes audacieuses, consciente de cette situation tentent de prendre à revers cette industrie sans limite. La bataille est en cours face aux excès d'importations de Chine, d'Inde, du Bangladesh, de la Turquie ou du Vietnam. C'est une alerte pour la planète et pour les métiers de la mode. Recycler, retravailler et ne pas gaspiller, donner du sens à la mode vestimentaire responsable sans perdre de vue l'esthétique, l'imagination. C'est évidemment possible.