Pape 27 mai

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Bien que n'ayant pas lu entièrement "Magnificat Humanitas" (ce que je confesse - oh quel mot adéquat! -) il me paraît que le Pape Jean XIV vient de rédiger, lui même et je suppose ses conseillers, un véritable texte politique d'envergure. Politis: la gestion de la cité ! Les racines latines ont un sens et la Cité prise dans son acception la plus large c'est le monde, la société humaine.

Magnifique humanité est un titre pompeux mais sans doute qu'être Pape s'accompagne toujours de quelque enveloppe solennelle. Qu'importe, ce que j'ai pu en découvrir est remarquable de justesse d'analyse et d'une forme prédictive très intéressante car elle engage un modèle de vie commune à rebours de tous les discours sur le progrès et l'invention du nouveau monde de la tech.

Face à ce qui est nommé "le colonialisme numérique" le chef religieux affirme : "l'être humain n'est pas une donnée, pas une ressource, pas une variable", en évoquant la concentration de pensée que représentent les algorithmes, les données des machines géantes (il faut à cet égard toujours rappeler qu'elles sont ruineuses en usage de l'eau, de moyens énergétiques, de recherches des terres dites rares avec des moyens en personnel énormes dont certains sous obligation totalitaire) , les contraintes sur les cerveaux. Le mot d'esclavage est même utilisé dans cette encyclique qui vient de paraître. Ce Leon XIV successeur d'un François éclatant et disruptif montre ainsi après son déplacement en Algérie notamment une liberté de parole que l'on n'attendait pas. Il fait de la politique en toute liberté et pas étonnant que Trump s'en soit offusqué!

"les conquêtes morales prennent presque toujours la forme d'un chemin long et laborieux marqué par des revers: processus de paix interrompus engagements environnementaux mis en oeuvre avec lenteur"

En publiant ainsi ce qu'il pense de l'évolution du monde via les nouvelles technologies dont il souligne les effets dangereux car susceptibles de faire naître des régimes répressifs, dominateurs, capables de diriger les têtes comme les corps et ainsi de définir un monde aux ordres des plus puissants sans contrepartie démocratique, le chef du Vatican impose une vision politique bien utile alors que l'illibéralisme semble gagner du terrain notamment via les partis d'extreme droite souverainistes.

Les fausses infos, les nouveaux instruments de propagande, la facilité hyper rapide avec laquelle on peut communiquer sur tout et n'importe quoi sont autant de menaces pour l'équité des rapports humains.

Le totalitarisme triomphe lorsque l'on ne sait plus distinguer le vrai du faux écrivait Hanna Arendt et curieusement c'est ce qui ressort de ce "Magnificat Humanitas". Qui que l'on soit, croyant ou pas au ciel, au diable et aux religions de toutes sortes le grand mérite de ce rappel papiste est qu'il vient s'opposer à un discours capitaliste qui demeure sourd aux appels pour la protection de la planète mais aussi pour le respect des droits humains les plus fondamentaux.