Lyhanna 6 juin

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"L'institution judiciaire n'a pas su protéger Lyhanna" Voilà un aveu qui mérite une suite monsieur le ministre de la justice. Les magistrats, les enquêteurs seront-ils les seuls sanctionnés ? Qui est responsable sinon le chef, celui qui dirige, qui donne des instructions, qui discoure sur le code pénal et les procédures, celui octroie ou pas des moyens aux Juges comme à la pénitentiaire ? En d'autres pays européens, scandinaves notamment, le ministre dont l'administration a failli en tire les conséquences. Il s'en va. Il démissionne car il se sent responsable et comptable d'une erreur fatale de son administration.

Toutes les excuses officielles et autres émotions, compassions exprimées sont sans doute sincères mais elles font partie d'un rituel médiatique immédiat. Ce que l'on sait du travail judiciaire étouffé par des quantités de dossiers, par une insuffisance de moyens humains et financiers ( il faut reconnaître que le budget de la Justice a été largement renforcé notamment sous le garde des sceaux Dupont Moretti) est à l'évidence une des raisons de ce manquement tragique qui a conduit à l'assassinat de cette enfant de 11 ans.

Tout est lent, compliqué dans le chemin d'une justice qui entend mené à son rythme des enquêtes souvent difficiles. Les droits de la défense comme les recours des parties civiles légitimes accroissent la lenteur des prises de décision mais c'est l'honneur de l'exercice du droit en France que permettre des procédures à charge et à décharge, des prises équitables. Il n'empêche ce drame dans le Gers ne fait que souligner un peu plus et de manière sanglante la faiblesse du pouvoir politique en ce domaine.

On semble ne pas se soucier de l'état scandaleux des prisons, des détenus comme du personnel pénitentiaire, on fait semblant d'ignorer les conditions de travail des magistrats, des greffiers, trop peu nombreux. La responsabilité est à l'évidence politique, elle n'est certes pas récente, ne date pas de l'ère Macron, mais celui qui est place Vendôme à l'instant du drame ne peut rejeter sur ses subordonnés, le personnel de justice, la culpabilité des failles terribles qui se font jour. La démission d'un ministre ne changerait rien hélas pour Lyhanna mais elle signifierait à minima la reconnaissance d'un échec coupable du pouvoir. Premier pas vers une prise de conscience collective pour donner à la Justice les capacités d'éviter une telle erreur mortelle.

Ce serait bien le moins en mémoire d'une jeune fille de onze ans assassinée par faute de vigilance de la Justice..