Lune mince. 15 septembre

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J'ai pensé à une porte ouverte, pas tout à fait, entrebâillée, entrouverte, presque refermée ou bien à une parenthèse fermante. C'était un sourcil vertical de lune précoce, un trait de plume de haut vers le bas, lumineux mais délibérément fragile. La nuit commençait d'un noir uniforme porteur d'une chaleur alanguie. Décidément les canicules se suivent ai je entendu. Pas vraiment, ce sont des sautes d'humeur doit on répondre . Ce dessin nocturne gracile et intriguant isolé dans le ciel, indiquait une sortie possible, quelque espace de clarté, une issue à tenter d'ouvrir pour ne pas rester dans le triste, l'obscurité, les peurs et les nostalgies.

J'ai imaginé qu'il invitait chacune chacun, à se glisser dans cette ouverture, même ténue, pour y chercher de quoi demeurer vivant, batailleur et serein. Les longueurs de journées semblent surchargées de terrifiantes cruautés, d'invraisemblables folies humaines, d'amoncellement de statistiques criminelles, financières, climatiques qui, toutes obscurcissent les regards diurnes.

Cette lune fine avait la délicieuse beauté des paysages sans limites, des voyages dans un livre, des branches d'arbres géants devenues des ombrelles bienveillantes. La tentation semble gagner ici dans ce pays de fermer tout, de monter des murs et de désigner des coupables pour la moindre anicroche comme pour la plus désolante des tragédies. C'est vrai, la lucidité sur le sort du monde fait craindre le pire. Les façons désinvoltes dont on démolit une par une les lois ou normes conçues pour freiner les effets du changement du climat aux Etats Unis de Trump (la dernière consiste à supprimer les limites de pollution entrainant l'effet de serre) mais également en Europe et notamment en France assombrissent encore un peu l'horizon de demain. Les batailles de drones semblent une compétition sanglante mais technologiquement, un sujet d'admiration !

Pour cette nuit il me convient de vous parler de cette Lune mince, éclairée d'or, superbe dans son énigme puisqu'elle offre au badaud la possibilité de croire, encore et encore, à un réveil salutaire où les portes seront grandes et béantes pour accueillir toutes les poésies qui éclairent le monde, toutes les idées de liberté.