Lettre à...12 Juin

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à Monsieur Gianni Infantino, Président de la Fédération Internationale du Football Association, cette lettre vient d'un amateur de foot, d'un ancien gosse qui tapait le ballon contre des portes de garages, un adolescent qui passait des heures de dimanche pour aller au stade marcel Saupin à Nantes. Le foot c'était Arribas, Suaudeau, Denoueix, c'est ASSE contre le FCN...c'est un passé certes, mais c'est là dessus que se forge un intérêt voire une passion. Cette fois c'est l'inverse.

Vous avez fait du football un marché sans limite, une foire au plus offrant, une Coupe remplie d'argent pas très propre et de sales valeurs. Des supporters sont refoulés parce qu'ils sont d'origine africaine, un arbitre est interdit parce qu'il est somalien, des pauses fraicheurs servent à remplir les caisses bien plus que les gosiers. Quant aux prix des places et des transports, il interdit, de fait, la participation des gens de peu, ces fanas de foot qui resteront chez eux faute de visas et d'argent.

Vous avez M Infantino gravit les échelons de la Fifa en pratiquant la diffamation et le mensonge concernant Michel Platini. Vous avez surtout fait de ce sport populaire une vaste affaire de milliards. Vous avez eu le culot de décerner à Trump un prix de la paix qui déshonore votre organisation.

Puissante, sans entraves, la FIFA est le pur produit du sport capitaliste sans règles, sans honte quand il vous arrive de cirer les pompes d'autocrates. Quelle image pour les centaines de millions de pratiquants dans le monde qui rêvent d'un football universel, soucieux de promouvoir les valeurs sportives pour les plus modestes, ces gamins qui frappent dans des boules de chiffons, parfois au milieu des ruines d'une guerre civile.

C'est tout le contraire vers quoi vous tendez, sans doute pour les bonnes raisons d'une rentabilité maximum, celle ci profitant largement aux membres de la FIFA dont l'impunité est totale. On regardera les matches de la Coupe par amour du jeu, on s'écartera de son organisation afin de demeurer critique devant ses dérives. D'autres sports méritent tout autant la fièvre populaire. Les Jeux Olympiques de Paris l'ont démontré. Non M Infantino vous n'êtes pas le digne représentant du sport le plus pratiqué dans le monde, vous en êtes le symbole mais celui d'un dévoiement commercial cynique indécent .

Cette lettre est personnelle, c'est mon opinion, elle est écrite avec une certaine tristesse mais aussi le sentiment d'être volé, d'être trompé. Cette monstrueuse coupe du monde polluante, dépensière abandonne le football à des marchands sans état d'âme ni aucune passion pour les joueurs ou leurs supporters.