L'été. 12 juillet

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Pas d'autre expression que cet 'été meurtrier'. En Ukraine où les missiles russes poursuivent leurs assassinats de civils sans modifier quoi que ce soit dans leurs tirs. La belle saison se fait sous les drones tueurs et les bombes à l'est de l'Europe. A Gaza Israel ne lâche rien et restreint encore le territoire où doivent s'entasser les palestiniens tenus à l'écart des médias et soumis à des telles restrictions alimentaires et sanitaires qu'il n'y a que désespérance sur cette bande de terre constituée de gravats. Au Vénézuela où le dernier décompte des morts du tremblement de terre dépasse les 4300 morts. En Espagne, en Andalousie où les feux ont entrainé la mort de 12 personnes à minima. Et la liste morbide est sans fin. Alors on change de chaînes pour le sport, rugby, foot, cyclisme, alors on prend la route pour vérifier si les bouchons de Bison Futé sont bien réels. Ils le sont, presque mille kilomètres de véhicules. Il y a cinquante ans maintenant que ce Bison émet des alertes , des recommandations. Le bovidé inventé par un publicitaire en 1976 a traversé des décennies et plus personne ne sait qui se cache derrière ce mammifère des plaines américaines.

L'été meurtrier au loin pas si loin, et cette impression générale de lourdeur des heures du jour. Les autos au ralenti, la pesanteur des instants où il faut bien aller chercher de quoi manger, la lenteur des chalands dans les magasins climatisés à fond. On aime le froid qui engourdit, on traîne de rayons de soldes en étals de fruits arrivés verts et vite trop mûrs, on retient encore un peu le moment de revenir chez soi où le ventilateur ronronne et brasse de l'air chaud.

Lire un vieux livre, le relire et se souvenir alors que la première fois c'était dans une maison de famille, un appartement des parents, que tant de choses ont changé, changent, que ça va vite, très vite ces moments d'avant hier juste reliés par un marque page portant une date d'achat. L'été est un joli masque de beautés de bords de plage, d'allées forestières, de pentes verdoyantes, de tables aux plats de couleurs tomates, poivrons et oeufs durs. Toute une année à y penser, à préparer des vacances, à calculer le coût, à se moquer du vieux Bison Futé, à se donner rendez vous. Et puis la saison tant attendue arrive, s'installe mais les bruits de terreurs ne cessent pas...Pas de raison qu'ils cessent. Ils s'amplifient, insidieusement complices des changements climatiques prévisibles mais négligés.