L'âne. 1er juin

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ah qu'il est difficile de choisir ! Jean Buridan, recteur d'Université de Paris, philosophe, prêtre séculier ( 1292-1363) s'intéressa beaucoup au libre arbitre et développa un septicisme religieux mais nous n'avons retenu via son nom que cette histoire d'âne qui mourrait de faim et de soif entre deux picotins d'avoine et de son à égale distance de lui. Faute de se décider il en mourut !

Cette histoire qui parfois nous fait rire m'est revenue en découvrant la Une du journal Libération. C'est un journal qui nous a habitué à des premières pages formidables et rares. Cette fois, tel l'équidé imaginé il y a sept siècles, ils n'ont pas su où leurs coeurs balançaient: entre Edgard Morin et le PSG que choisir ! Il est vrai que le philosophe s'amusait souvent de la complexité des choses de la vie, y trouvait de quoi se réjouir quelquefois. D'ailleurs comme pour se justifier de ce non choix l'éditorialiste de Libé en rajoute en citant maints propos d'E Morin allant dans le sens d'une nécessaire curiosité pour tous les genres, alors va pour le foot et la pensée de celui qui vient de décéder à 104 ans, mélangés...

Tout se vaut en quelque sorte. La réussite du football parisien et son modèle de business comme la longue vie de réflexions et de pensées d'un ancien résistant. Cela en dit long sur la dérive intellectuelle et commerciale d'un journal créée par JP Sartre.

Bien sûr tout change, le monde, les équilibres, les obligations économiques , tout change et les résistances faiblissent au delà des discours et autres papiers de Libé sur l'urgent besoin de repenser la société consommatrice, gaspilleuse, inégalitaire et par trop embringuée dans la course spectacle de la compétition aussi bien sportive qu'industrielle ou militaire.

En affichant un partage égalitaire entre le PSG et Edgard Morin ce journal cède à la vague générale de l'information qui entasse les faits avec pour premier souci une rentabilité...Pour ma part je lis l'Equipe (où l'on cite E Morin dans un édito) pour le sport et les journaux d'information générale pour le reste. La complexité du monde suppose aussi que les journalistes établissent une hiérarchie rigoureuse de l'actualité. C'est bien le moins pour éviter toute confusion entre l'essentiel et l'accessoire.