Il était une fois 14 mai

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Il était une fois…quelle belle invention cette entrée en matière. Peut être se souvient on de la voix d’un parent, mère, père, oncle ou grand parent s’asseyant sur le bord du lit, une lampe de chevet allumée, et commençant à lire un conte, une histoire ou bien , ou mieux, inventant au fur et à mesure une histoire pour s’endormir en rêvant de al suite. Des fées, des chevaliers, des princesses et des rois que sais je, des animaux doués de raisons et de paroles, une jungle hospitalière, des amours chastes et des victoires sur les méchants…Il était une fois…toute sa vie il était une fois est un magnifique début de rêverie, une ouverture sur un autre monde, d’autres règles, des récits effrayants domptés, des impossibles rencontres réussies…L’écriture d’une histoire, sa construction, l’intrigue, les rebondissements, le dénouement tout est à la merci de la créativité personnelle. Se sortir ainsi du réel, du vécu tout en gardant de celui ci des éléments fondamentaux, des noms, des prénoms, des lieux, des classes sociales, des polices et des voyous, des drames et des rires, tout est à portée de l’imaginaire personnel. Pour un roman, une pièce de théâtre, un film, court ou long, une série télé, de la poésie ou une chanson. Il était une fois et hop! allez y, imaginez selon vos désirs, vos libertés. L’invention est un mensonge déclaré, une permission de sortie vers la suprême liberté de celui ou celle qui donne vie à des personnages, des dates, des villes ou paysages oubliés là où justement une histoire peut commencer ou s’achever. Que ce soit un polar ou une romance, une comédie loufoque ou une fiction pour les années dans mille ans ce qui est essentiel pour l’esprit humain c’est de s’engouffrer dans ce …il était une fois.

Ce qui me frappe c’est la grande différence entre ce qui s’invente, ce qui est totalement le fruit de l’imagination et puis une littérature ruinait d’une expérience (le plus souvent douloureuse) privée, familiale. En France c’est largement la seconde voie qui domine. On se raconte, on dévoile un pan d’une affaire privée, on en fait un roman, un livre qui dénonce, qui heurte. Des romans liés à une actualité de la pensée, des révoltes, des procédures judiciaires. C’est parfois de la littérature, pas toujours. En revanche dés que l’on cherche dans une librairie des livres étrangers, francophones ou pas la plupart sont des créations, des inventions et cela donne des récits grandioses, épiques ou des écritures rares. Et là commencent le plus souvent des évasions formidables pour les lecteurs.

La poésie à cet égard est la forme littéraire la plus libre, à la fois dans les mots, le rythme, le sujet. On peut lire et relire un poème. Souvent les romans contemporains français sont des lectures uniques. Car ils sont des livres aveux, des …il était une fois bien réels, forts, importants dans le processus de révélation d’un scandale, d’un crime, d’une détresse fatale. Comme des apports supplémentaires à la connaissance de l’évolution d’une société.

Ce qui importe, au delà d’un festival, d’une rentrée littéraire surabondante c’est la continuité d’Il était une fois…l’encouragement à écrire, à dire des choses bizarres un peu folles, étranges, dérangeantes, incongrues. L’actualité telle qu’elle est rapportée assène des faits ou des rumeurs, des infos bidons et des opinions de propagandes, pour aller au delà et se forger à soi même un univers différent il est de la plus haute importance de raconter des histoires, d’entrer dans des chemins longs, tortueux où il est possible d’attraper au passage des rêves si curieux, si exotiques qu’ils deviennent indispensables.

Par ce jour un peu frisquet c’est une invitation à se rendre en librairie, au cinéma, au théâtre et dans toutes les salles où chantent, dansent, créent des passionnés d’Il était une fois.