Exigence 18 mai

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Diable ! voilà l'ONU qui exige, plus précisément le Haut Commissariat aux Nations Unis, en conclusion d'un texte où il est question de violations flagrantes du Droit International, de nombreux cas de crimes de guerre et d'atrocités, d'épuration ethnique, qui exige - impératif de celui qui pense en avoir le droit- qu'Israël empêche un génocide à Gaza. C'est une prise de parole solennelle qui ne va rien changer aux choix de Benjamin Netanyahou et qui semble quelque peu tardive tant les témoignages (pas de presse internationale sur place, Israel ne veut pas que des journalistes rapportent l'état des lieux) sont accablants, honteux depuis octobre 2023.

L'exigence suppose une autorité, des règles de vie commune, une certaine discipline et une soumission de celui ou celle à laquelle elle s'adresse. En l'occurence cela parait vain. Aussi bien au Liban qu'à Gaza l'armée Tsahal poursuit son éradication de ses ennemis Hamas et Hezbollah et tant pis pour les dommages collatéraux. A Gaza ce sont plus de vingt mille enfants qui ont perdu la vie lors des destructions israéliennes.

Ce que les démocraties au vingtième siècle ont voulu bâtir après les deux conflits mondiaux c'est un ordre légal, ce que les générations suivantes ont établi ce sont des cours de justice, des tribunaux pour renforcer le Droit international. Or ce dernier est le dernier souci pour Trump comme pour Xi Jinping, pour Poutine comme pour Netanyahou et pour quelques autres...L'effarant constat de cette impuissance à faire respecter des traités et des textes longuement rédigés pour que le monde soit plus sûr, plus équitable s'accroit avec la morgue de quelques dirigeants de grandes puissances dont celui d'un pays ô combien victime d'un génocide. Ils n'ont rien appris commentent plusieurs intellectuels israéliens en désignant leurs gouvernants d'extreme droite qui poursuivent contre les arabes de Cisjordanie une politique méthodique d'élimination matérielle et physique des familles palestiniennes.

L'exigence paraît alors bien faible comme mot. C'est un signe supplémentaire de l'extreme difficulté dans laquelle les démocraties occidentales se trouvent. Les démocrates, centristes, vaguement de gauche ou conservateurs doivent se contenter de protester, d'exiger mais chaque jour la force brute détruit, extermine. Les résistances sont nombreuses, éparpillées et reçoivent des soutiens plus polis qu'efficaces. Seules l'Espagne et l'Irlande avec quelques pays du nord européen prennent des positions plus radicales. Mais finalement les actes de guerre contraires au Droit continuent. L'exigence de ce jour dite à New York est à saluer mais elle est à l'évidence condamnée à ne pas avoir d'écho à Gaza...