ESPIGAS 23 mai
Marseille ville de bruits et de couleurs, trop de monde ou bien trop de choses à regarder, à contempler, aller au musée de l'histoire de cette ville. Prodigieux voyage dans ce lieu clair, ouvert, pas du tout enfermé dans une nostalgie, où reposent des pierres tombales, des restes de vaisseaux, des photos d'avant et d'après les romains, les guerres, les ravages et les migrations. Ville de fièvres et de mémoires des colonisateurs, des marins de haute mer et des bateaux partis sans revenir.
Déambuler dans cette cité de voitures, de cris, de scooters et de gestes désinvoltes, dans ces quartiers sans cesse rénovés et cependant en démolition.en reconstruction. Marseille comme capitale du monde de la Méditerranée, mer d'un coeur de civilisations et de tous les trafics les plus illicites.
Et puis cette rencontre non loin du port, le vieux, où l'on brasse les touristes comme les sans domiciles, les couleurs de peaux comme les odeurs de poissons, les accents des quartiers nord comme les langues étrangères.
Une boutique d'espadrille. C'est rien, c'est petit, c'est modeste et c'est un endroit où aller. Là sont vendues des chaussures de toiles, des savates, des snaekers, des espadrilles. celui qui vous reçoit, homme au parler tranquille, est simple et modeste. Il raconte une vie d'avant. Avec sa famille un choix de voyage en rupture puis la nécessité de revenir en terre française. Juste avant un séjour en Argentine leur donne l'idée de créer une entreprise de 'souliers' . Mot québécois dont Félix Leclerc disait ils ces souliers qui m'ont fait voyager. Là, dans cette boutique rare des chausses en toiles façon argentine. Des tissus, des pliages, un soin original à la confection.
Tout est fait à Marseille par une société réduite où les employés, artisans, sont des personnes atteintes de handicaps.
Cela donne un sens à l'achat d'une chaussure. Las place dans le marché du travail des personnes handicapées est mineure, insuffisante.
Et si nos achats, dépenses, consommations étaient de ce genre ? Mettre un sens à notre consommation domestique, chercher à chaque fois à identifier dans ce que nous acquérons une volonté très politique. ce n'est pas un acte militant, c'est juste un petit acte solidaire. Cela s'appelle à Marseille ESPIGAS. Allez y.