Espagne 30 Juin

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Le ministre du Travail et des solidarités Jean Pierre Farandou déclare qu’il va faire un voyage d’études en Espagne pour se renseigner sur la politique espagnole face aux grandes chaleurs.

Rapellons que le ministre est un ancien président de la SNCF et qu’il faut d’abord espérer qu’il se rende en Espagne par le train, jusqu’à Barcelone a minima, ce qui une fera le déplacement le plus écologique du gouvernement. 

Le ministre va donc découvrir l’Espagne et ses mesures en cas de grosses chaleurs. Rappelons que l’Espagne est entrée dans l’union Européenne le 1er janvier 1986 et qu’il a donc fallu attendre 40 ans pour qu’un membre d’un gouvernement français annonce faire un voyage d’études en terre ibérique. Comme si ce cher voisin nous était inconnu, comme si nul contact n’avait été noué pour comparer les pratiques politiques, les choix économiques et sociaux (l’Espagne de Pedro Sanchez est le pays européen le plus dynamique en terme de croissance), la politique étrangère (attitude remarquable de Madrid face à Natanyahou) bref comme si Jean Pierre Farandou avait besoin d’aller en Espagne comme on va en terre étrangère lointaine, terra incognita, pour savoir ce qui s’y passe. Dans les années 70 on allait en Espagne sous Franco parce que la Costa Brava attirait les vacanciers français et depuis par millions les touristes européens se sont rendus dans ce Royaume où il fait chaud, où les rythmes sociaux sont différents, où les constructions tiennent compte  du climat, où l’on vient de régulariser des centaines de milliers de travailleurs sans papiers. 

Voilà pour l’Espagne on attend donc un voyage d’études en Allemagne pour ausculter la décentralisation, un voyage en Italie pour comprendre ce qui se passe à Lampedusa, un autre en Roumanie pour aller voir les usines Dacia et le rendement des chaines de production, peut être (mais là c’est hors UE) un séjour en Grande Bretagne pour vérifier les effets du changement de temps, enfin un week end d’études en Belgique pour regarder l’émission de la RTBF le Grand Cactus afin de prendre une leçon d’humour libre. 

Quelquefois ce genre de sorties ministérielles s’apparentent à du bluff. Là c’est vraiment se moquer du monde dont nous faisons partie: l’Espagne et ses lois sociales n’ont pas été découvertes au début de la canicule. Des milliers de notes et rapports sont à disposition. On sait quoi faire. « avant moi des incapables après moi des arrivistes » cette phrase vient illustrer régulièrement des décisions prises en fanfare comme si rien n’avait été réalisé avant. 

Souhaitons à Jean Pierre Farandou un bon voyage, des contacts fructueux. Il doit bien y avoir dans les tiroirs de son ministère des dossiers passionnants sur l’Espagne. Jean Pierre Farandou peut les emporter dans son sac pour les consulter au cas où ses interlocuteurs castillans ou catalans observeraient des horaires décalés en raison  de degrés supérieurs à quarante; Paris Barcelone c’est un peu moins de six heures en TGV si tout va bien.