Enthousiasme. 14 aout

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Dans une compétition sportive l'exaltation naît pour trois places, trois marches d'un podium avec des sponsors, des pubs et des poupées ridicules. A regarder d'un oeil distrait et non compétent les épreuves d'athlétisme ou de natation diffusée à l'heure où les apéros viennent contrecarrer les moiteurs accablantes, il se crée à chaque fois, en finale et même en demi finale une sorte d'émotion intense, de précipitation des mots illustres, un emballement où qu'importe la syntaxe, ce qui touche c'est l'enthousiasme.

Ah c'est une vertu que peu savent entretenir. Un ami, féru et compétent capable d'expliquer de façon pédagogique sans affect, montre pour un sprint, un saut, un lancer, des haies, des longueurs interminables, des capacités telles que l'on croit qu'il va demeurer neutre eh bien pas du tout, il se prend au jeu, il commente, il détaille, il éclaire des détails de courses et puis , il hausse le ton,il s'émerveille, il s'étonne, il est supporter.

C'est une qualité rare que de savoir toujours se passionner, partager par la voix une sensation de délice quasi sacré. L'enthousiasme est un transport. Divin ajoutent les spécialistes de la langue mais je m'en méfie car ce transport manifesté en famille, entre gens de compagnie amicale peut surprendre, déranger. L'enthousiasme est une manière de vivre, une façon de gommer ce qui embarrasse, ce qui alourdit la vue et l'odorat. Il est toujours dans cet état de curiosité et de satisfaction qui peut à froid sembler insincère mais c'est tout le contraire. Les passions pour le foot, un livre, un film, une idée sont à rechercher. Elles surprennent parce qu'elles semblent se placer à distance des questionnements sur le bien ou le mal, les détails de l'envers et les fissures de l'endroit.

L'enthousiasme n'est pas fanatique ni visionnaire il est spontané.

C'est un transport sans justification d'émotions, d'admiration pour des athlètes, des artistes, des performances le plus souvent incompréhensibles ou évidemment inatteignables pour la masse commune dont nous faisons humblement parties. Aucune raison n'est à donner parce que l'on bondit de sa chaise, de son canapé devant une réussite sportive barrée de tricolore et cependant le spectacle du sport qui n'est jamais écrit à la différence de n'importe quel scénario de série télévisée, permet justement de faire la démonstration de son enthousiasme, de sa déraison immédiate. La joie est palpable pour une médaille, un record. C'est dérisoire et magnifique. Et ce qui me touche ce sont les enthousiastes des deuxièmes, des troisièmes et parfois des derniers concurrents de la finale. Ils ont été là, ils ont tenté et gagné ou perdu mais jamais tout à fait. Le sourire d'une médaillée de bronze vaut toutes les poses vaniteuses d'une médaille d'or attendue. Manifester son allégresse sans gagner le titre est une démonstration émouvante qui me trouble tout autant qu'un titre mondial.

L'enthousiasme est une manière de vivre élégante où l'apparence d'insouciance est une politesse essentielle.