Enfants à la rue. 28 août
Dans l'ordre des choses de la vie qu'est ce qui est important, essentiel, urgent ? Le questionnement s'adresse à tous, qui que nous soyons, et à quelques uns qui détiennent les clefs de la puissance publique ou qui veulent les acquérir. La publication par Unicef France de chiffres concernant le nombre d'enfants vivant et dormant à la rue est passée en silence sous le bruit répétitif des débats politiques déjà engagés avant même ce que l'on appelle la rentrée. On a parlé retraite, immigration, défense, déficit, climat mais la vie de ces gens de quelques années à peine ? En 2026 2355 enfants dorment à la rue en France, recensement d'enfants sans solution d'hébergement après appel au 115. L'an passé 14 tout petits et 12 ados en sont morts.
Voilà le constat est froid, précis et ne figure toujours pas en Une des publications quotidiennes. "si garantir un toit à tous les enfants n'est pas notre priorité qu'est ce qui l'est ? " interrogation faite par Adeline Hazan présidente Unicef France.
Aujourd'hui, demain, dans quelques jours beaucoup reviennent dans leurs domiciles, retrouvent leurs affaires, vêtements, livres et cartables pour les moins âgés. Ils et elles ont un toit confortable. Pas les quelques 2400 enfants répertoriés mais victimes à la fois d'un manque de lieux d'hébergement pérennes, de logements sociaux (énorme déficit de la construction en ce domaine) ou de la volonté politique de l'Etat. En 2017 le vainqueur promettait zéro SDF. Promesse évidemment présomptueuse et évidemment non tenue mais pire des enfants sont sans lits, sans toits et les progrès de la pauvreté vont moins vite que l'augmentation des richesses d'un tout petit nombre.
Les rues des villes servent de refuges pour des gosses et j'ai bien écouté, cherché mais les discours officiels sont absents sur le sujet ou pire se contentent de le déplorer. Il ne faut guère d'imagination pour narrer en détail sinistres les nuits d'enfants allongés sur et sous des couvertures, ayant pour certains la possibilité d'aller en classe, ayant pour la plupart pour seul horizon le passage des autres gosses au matin après une nuit sous un toit.
Sans se lasser il me semble de la plus haute priorité que les réseaux d'information quels qu'ils soient relaient ce que dit l'Unicef pour obtenir que cette situation honteuse soit une urgence politique nationale. Et ne cesse pas de poser la question si simple, si concrète sur le sort de cette génération invisible.