Déserts 29 Juin

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 De fil en aiguille comme pouvaient le dire jadis les bavards assis sur un banc sous un platane, sautant d’un sujet à un autre, de chaleur en canicule, de sols secs annonçant des catastrophes pour les agriculteurs, de besoin d’eau en lits asséchés de rivières cévenoles, une chanson de Michel Berger interprétée par France Gall m’est revenue, elle date de 1987. 

“et le désert avance, / plus personne n’y croit / c’est notre déchéance /L’impossible combat /quand le désert avance / que veux-tu que l’on soit ? “ 

Bien sûr, nous, entre Genêts de Bretagne et Lavande de Manosque nous n’en sommes pas là...mais je me souviens du désert mauritanien, d’Atar, des roches sombres, des sables en dunes à perte de vue, des immobilités de ces lieux sans frontières où des monolithes géants racontent une histoire de millénaires grandiose, des légendes de pierres et des paysages où il n’y a rien, rien de vivant en apparence. Les déserts - c’est le juste moment pour y penser, à l’abri des degrés de plomb, entouré de bassins, piscines, jets d’eau, fontaines et autres signes tempérés. Les déserts donc représentent 1/3 de la surface terrestre. Dans ce chiffre il y a les déserts froids, polaires et les déserts subtropicaux. Zones inhabitées, espace durablement dépourvu d’eau, immenses régions explorées, photographiées comme autant de rappels de l’histoire de la création de notre monde. 

Ce que disent les déserts où l’on comprend le jour, la nuit, ce que signifie l’absence de bruits, juste subtilement troublé par des glissements, quelques effets de vents, c’est un récit de bouleversements géologiques, l’avènement de chocs de matières et de blocs continents gigantesques, la force terrible du soleil, l’énigme générale de l’origine. Les couleurs du désert ne sont pas uniformes, les odeurs sont rares, en revanche à dormir sous un Khaïma il est possible d’y donner un sens, celui du temps long apaisant. 

Pour ne pas aggraver la facture CO2 en partant à coups d’avion-kérosène, vers ces contrées, il est loisible d’entrer dans une librairie et d’y trouver les livres de Théodore Monod et de tant d'autres voyageurs scientifiques racontant non seulement ces déserts, des chaleurs qui clouent au sol, à peine couvert de toiles, les peuples nomades. Nous subissons les chaleurs en Occident comme un accident du siècle ce qui déjà est une erreur puisque tout laisse à prévoir une accélération de ce genre de phénomènes, peut-être faut-il se rappeler que non loin d’ici (Algérie, Tunisie, Maroc, Mauritanie et les pays sub-sahariens) les habitats et les habitants ont adopté des modes de vie, des lieux de logements, des usages alimentaires pour subir le moins possible les effets du réchauffement. Maints exemples de constructions inspirent les architectes d’ici, sans béton, sans fer...La situation climatique connue en ce moment est une occasion à ne pas perdre pour accélérer une vraie rupture de vie collective. 

“quand le désert avance / et l’eau n’arrive pas / Sans cette délivrance / nous n’avons plus le choix /. 

Inutile de préciser que le pire n'est jamais sûr et que cette réflexion à propos des déserts n'est en rien une affirmation pour les semaines (les siècles ?) à venir...