Désarroi du barbecue 4 Aout
C'est un creux d'idées en début d'aout aussi l'on cherche dans les détails, les à côtés. Dans les pages des journaux soudain fleurissent des analyses succinctes sur les tendances de cet été : la saveur des glaces, les innovations singulières des sorbets, les franges des bermudas, les pieds nus façon Rio...et puis les menus légers, salades et autres poissons crus...et puis frisant la faute de goût j'apprends le désarroi du barbecue. Une rumeur de présumé coupable. Entre deux récits d'incendies meurtriers le sort du barbecue, création hispano américaine de plus d'un siècle et à moindre risque celui de la plancha (celle ci est ibérique) retiennent l'attention. Effectivement le barbecue fait en sens inverse du climatiseur une descente vertigineuse. Les vendeurs ont déplacé leurs stocks au profit des ventilateurs.
Est ce par souci de sécurité, par crainte légitime de toute odeur de fumée même agrémentée de graisse de saucisse ou merguez ?, est ce parce que l'engin suppose de se tenir proche d'un foyer supplémentaire de chaleur ? est ce enfin que la grillade ferait mauvaise impression en ce moment ? Toujours est il que des recensements non vérifiables assurent que le barbecue est en perte de vitesse qu'il est remisé là où il dort en hiver et que le goût des viandes dégoulinantes n'est pas à la mode cette saison moite. Les braises sous la grille du barbecue rappellent trop les foyers mal éteints de Gironde ou du Var.
On a de bons souvenirs pourtant de ces moments conviviaux où le barbecue trônait en maitresse culinaire sur une terrasse non loin de la longue table (des rallonges soutenues par des tréteaux en pin blanc recouvertes de vieux draps rapeux). Rien que les effluves donnaient envie de s'amuser, boire, danser et s'empiffrer de côtes saignantes. Mais cette année la tendance oblige à n'en rien faire. A attendre des jours meilleurs où le barbecue redeviendra tendance, vintage, bref où l'on aura oublié tout ce qui signifie le feu et ses embrasements terribles.