Contempler ! 14 mars

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Dans une ville capitale où coule un fleuve en méandres l’activité humaine détourne l’attention en hurlant des sirènes, en brouillant les va et vient automobiles, en masquant de façon passagère les façades via des publicités géantes via des embouteillages d’autocars touristiques , en accaparant les chaussées par des terrasses, des vitrines, des embarras de cartons, bref l’urbain est un petit monde de chaos. On s’y habitue en y ajoutant nos écrans portatifs qui eux aussi détournent les attentions au point de se heurter entre passants, oh, désolé, et de reprendre aussitôt son jeu de doigts pour envoyer un message, pour jouer à des compétitions imbéciles avec des personnages sans intelligence mais bien artificiels.

Dans cette ville où le matin est clair, presque bleu, presque sans nuage juste parsemée d’éclats clairs et lumineux sur des toits de zinc, tandis que se répète l’énoncé de l’essentiel de l’actualité et que l’on enchaîne sur la météo, les feuilles tendres des arbres à peine émergés de l’hibernation, pointent leurs fragilités. Là il est autorisé de s’arrêter. La pratique de la contemplation n’est pas à la mode, il me semble que l’on encourage plutôt les actifs, les pressés, les conseils de dynamisme, les coaching vivifiant; or, contempler c’est apprendre, c’est se poser maintes questions sur l’existence des choses, leurs formes, leurs lignes de coupe, c’est s’attacher aux détails, aux inerties en rupture.

C’est un luxe d’oisif, de retraites opportunes pour ne pas suivre la houle commune. Il est parfois possible qu’un livre lasse aussi faut il l’abandonner pour lever les yeux, se projeter dans une autre histoire celle des bâtiments biscornus, immeubles sophistiqués, des constructions d’avant hier devenues obsolètes mais charmantes, il est agréable alors d’écrire sans aucun mot un livre ouvert de pages vierges où, seul(e) on s’invente bien au delà de la simple contemplation, une extraordinaire aventure.