Bribes 4 Juillet

Partager

S’écoulent, épais et lourd le jour d’avant, le jour à venir et seules quelques bribes s’accrochent en mémoires vives. Bribes, fragments saisis en rafales sans ordre ni logique. Morceaux imposés pas choisis, retenus entre pareils mais devenus une liste, une série à priori incohérente, sans lien et, cependant, le tout forme un vaste tissu recouvrant le monde ouvert, si proche, si différent. 

Les feux qui dévastent un camping et ruinent des gens simples, les feux qui imprègnent, même éteints, toutes les humeurs de la terre noircie, les feux contre lesquels la lutte est à recommencer souvent par la faute humaine, souvent parce que l’organisation des taillis, des champs, des forêts, des bords d’autoroutes n’ont pas été sécurisés.

Un mort au travail. C’est dans l’Ariège, dans l'Usine Maestria de Pamiers, on ne donne pas son nom, un quadragénaire père de trois enfants, cariste, écrasé par une des charges renversée. Nouvelle banale, sinistrement banale qui ne retient qu’à peine l’attention de l’Inspection du travail, débordée.

Les ruines de Kiev, les morts de Kiev, les avancées territoriales de Kiev, les drones et Poutine soi disant en mauvaise passe, une tragique répétition d’une guerre de plus de quatre ans qui se banalise entre déclarations solennelles, aides en défense, propos de Trump et puis les habitants de Kiev, seuls, très seuls.

Les mains des vénézuéliens qui ôtent une à une des pierres. Le séisme a fait des milliers de morts, la plupart ensevelis. Peu d’images, lassitude de ces tremblements de terre et de leurs conséquences, on n’y peut rien n’est ce pas. Le Vénézuela potentiellement riche de son sous sol agonise en gravats et désespérances.

Un univers de sports: foot, tennis, cyclisme…de quoi rester au frais devant un écran entre midi minuit. Chacun chez soi, gavé de Ola et de triomphes inattendus ou pas. L’occupation des esprits. Les commentaires des "auditeurs ont la parole" sont positifs, comme ça on pense à autre chose…

Des nuits sous la Lune à chercher la brise, l’odeur d’une herbe sèche, le froufrou d’un oiseau somnambule, à boire une dernier verre plein de glaçons, à dormir mal parce qu’au matin pour aller bosser il faut au moins une heure trente de RER sans clim.

Un message reçu à deux heures quarante sept…comment ça va ? Ne pas répondre de suite, imaginer qu’il s’agit d’un début de lettre, d’un ami, d’une amie, que la question masque mal une solitude, une envie de renouer.

Un livre de Prévert ouvert au hasard pour rompre l’écoulement laborieux de ce temps intime : 

« Le monde mental

           Ment

  Monumentalement « .