Bonjour 30 mai

S’approcher, hésitant, de la fenêtre entrebâillée

Ne pas écorcher le silence, aller ainsi à tâtons

Presqu’encore en sommeil s’émouvoir du tracé

Voleuse de nuit une ligne glissée entre les gonds

Du bout des doigts écarter le volet peint de blanc

Y mettre de la douceur même de l’étonnement

C’est l’aube sans soleil juste le mot maintenant

Les murs sentent l’éveil regardent les champs

Une chaleur aux aguets s’engouffre en chambre

Alors seulement au loin très loin les Cévennes

Des formes allongées de corps tendres

L’Ardèche et la Lozère montagnes de traines

L’exquise première heure se fait entendre

Elle s’éloigne déjà

Le moment ne dure pas

Penser alors à dire bonjour

En souriant, toujours.