A l'envers 11 mars

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C’est à l’envers qu’il faut désormais lire le monde. A l’envers de ce que l’on a vécu, ressenti, appris, lu, discuté, de ce que l’on a rapporté en tant que journaliste. Les blocs, le multilatéralisme, l’indépendance, les valeurs du Droit, la sincérité des accords, les alliances, les moyens militaires, le sens de l’histoire et ses progrès humains.

C’est à l’envers que l’on peut analyser avec d’infimes précautions ce qui se passe au Moyen Orient, en Asie, en Ukraine et en France. Les commentaires d’il y a dix ans ont non seulement pris un sérieux coup de vieux mais sont devenus risibles: le basculement de la méfiance médiatique envers l’extrême droite vers l’extrême gauche montre combien il suffit d’une part d’une modification de la propriété des médias d’autre part d’une marée de rumeurs et de débats forts parisiens pour inverser les peurs. La gauche du centre et de la sociale démocratie pousse des cris d’orfraies envers Jl Mélenchon non sans quelques raisons de vocabulaires inadéquats, et encourage ainsi une division qu’elle combattait hier avec la Nupes au point d’en faire un programme commun nouveau genre. L’extrême Droite consciente de son indigence économique et du repoussoir de ses idées réactionnaires voire fascisantes joue le silence, la discrétion, la bonhommie, le côté convenable. Et c’est ainsi que peu à peu les esprits habituellement enclins à garder un certain recul sur les excès des propos électoraux semblent se faire unanimes pour repousser l’insoumission. Ce qui fait ainsi le fond de sauce du discours de LFI qui rappelle Tous pourris...C’est mauvais, très mauvais ce climat de certitudes soudaines, souvent sectaires et pas du tout raisonnées. Pourtant l’histoire politique enseigne d’être prudent et mesuré dans nos appréciations ou invectives d’avant un scrutin.

C’est à l’envers que le monde diplomatique stagne: les il faut que, les on va proposer, on prépare un plan, résonnent creux. Qui écoute l’Europe, la France, l’Onu ? C’est consternant de voir combien le locataire milliardaire de Washington a dézingué une construction longue, patiente d’après guerre où l’on tentait à chaque fois de ne pas retourner en arrière. La Paix même instable, même très imparfaite était à ce prix.

C’est à l’envers que la guerre dure jour après jour : les forces israéliennes et américaines écrasent les territoires iraniens et libanais. Netanyahou sentant son impunité après Gaza, réussit ainsi à effacer les ruines de Gaza et la détresse d’un peuple palestinien abandonné en déclenchant une guerre sans fin contre les mollahs. Il endosse ainsi le rôle du gentil contre les méchants ce qui est proprement invraisemblable compte tenu de ce qu’il a fait et fait encore en Cisjordanie. Avec l’Iran dont personne ici ne veut défendre évidemment le régime assassin, Natanyahou a blanchi son. casier judiciaire international au prix d’un exode désastreux d’une partie importante du peuple libanais. Et le Président Macron peut bien appeler au téléphone Nétanyahou rien n’y fait, le Liban doit subir la catastrophe d’une invasion israélienne. Le Droit était en cours avec la négociation irano américaine mais c’est la force, l’envers de la justice qui règne.

A l’envers et presque de façon comique on apprend que l’Ukraine va aider les pays du Golfe à se défendre des drones de Téhéran ! L’expertise cruelle des ukrainiens en lutte de résistance contre les armées de Poutine sert ainsi dans un autre conflit. Et le cynisme de Poutine qui réclame une désescalade en dit très long sur l’état mental de celui ci. Quant à l’état mental de Trump nul ne sait ce qui se passe dans sa tête, ses propos sont décousus, contradictoires et incohérents ce qui est plutôt mauvais signe en état de guerre.

A l’envers et nous regardons sans illusion ce monde se fracasser ailleurs, en petits conflits, en zones d’affrontements (Congo) en apparition d’autocrates très réactionnaires (Argentine, Chili)...Combien d’appels à une action intelligente européenne unie seront ils nécessaire pour remettre à l’endroit un peu de cette actualité ?